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RDC : à Rome, la C64 appelle à la dissolution des Forces du progrès, qualifiées de « milice du parti au pouvoir »

Des personnes munies d'armes blanches pour empêcher la marche de l'opposition

Les cinq leaders de la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), réunis pour la première fois en présentiel à Rome, en Italie, ont appelé le gouvernement de Kinshasa à décrisper la situation politique. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 27 octobre, ils ont également exigé la dissolution des Forces du progrès, un groupe de jeunes se réclamant de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir, régulièrement mis en cause par l’opposition dans des incidents à Kinshasa.

Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu, Delly Sesanga et Matata Ponyo ont notamment rappelé les dispositions de l’article 190 de la Constitution, qui interdit les milices privées. Ils ont également souligné que le contexte de guerre « ne saurait justifier la suppression générale des libertés d’expression, de réunion et de manifestation ».

À plusieurs reprises, des acteurs de l’opposition ont accusé les Forces du progrès, présentées comme une structure de la ligue des jeunes de l’UDPS, de perturber leurs manifestations. Ils leur reprochent notamment des attaques contre des manifestants et l’usage d’armes blanches.

Lors d’une réunion publique organisée le 28 mai dernier au siège de l’UDPS, dans la commune de Limete, à Kinshasa, Augustin Kabuya, secrétaire général du parti présidentiel, avait lui-même critiqué le comportement de certains membres des Forces du progrès, estimant qu’ils faisaient « la honte du parti [UDPS] et du régime » de Félix Tshisekedi.

Devant ses militants, Augustin Kabuya s’était publiquement adressé à celui qu’il avait désigné comme le « président Muselu », présenté comme le responsable des Forces du progrès. Il avait annoncé une réunion avec ses collaborateurs basés à Kinshasa afin de leur communiquer de nouvelles orientations, avant d’éventuelles « autres décisions ».

« Président Muselu, tu vas appeler tes collaborateurs des Forces du progrès puisque j’ai un message à vous transmettre. Parce que ce qui se passe est inacceptable. Avant que je prenne d’autres décisions… Puisque ce qui se passe sur terrain fait la honte du parti et du régime même. Et vous devez faire très attention… », avait-il déclaré.

À ce jour, les Forces du progrès sont présentes dans plusieurs communes de Kinshasa. Leur présence suscite des critiques de la part de certains acteurs qui dénoncent des agissements en dehors du cadre légal et déplorent l’absence de réaction des services de sécurité. Aux abords de l’avenue des Poids lourds, par exemple, des hangars portant l’inscription « Bureau des Forces du progrès » ont été installés. Certains accusent également ce groupe de percevoir des taxes dans certains quartiers de la capitale.

En août 2024, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe avait prononcé la peine de mort contre six prévenus présentés comme membres des Forces du progrès, dans une affaire liée à un déguerpissement immobilier et à l’attaque de la résidence de Joseph Kabila, dans la commune de la Gombe. Plusieurs autres prévenus avaient été acquittés, les infractions mises à leur charge n’ayant pas été établies.

Un an plus tôt, pendant la campagne électorale pour la présidentielle de décembre 2023, les Forces du progrès avaient également été mises en cause dans une attaque au domicile de Franck Diongo, alors candidat à la magistrature suprême. Des images diffusées à l’époque montraient l’opposant, la chemise ensanglantée, demander pardon à Félix Tshisekedi en présence de plusieurs personnes présentées comme des membres de cette structure.

Samyr LUKOMBO