La Coalition article 64 (C64), qui réunit cinq dirigeants de l’opposition congolaise, a annoncé mardi à Rome son intention de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila afin de favoriser un dialogue national inclusif, tout en condamnant le maintien au pouvoir par contournement de la Constitution comme la conquête du pouvoir par les armes.
Réunis depuis lundi dans la capitale italienne, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Matata Ponyo Mapon, Moïse Katumbi et Jean-Marc Kabund souhaitent discuter avec le président congolais et son prédécesseur pour « trouver une solution congolaise à la crise », selon leur déclaration finale.
La coalition entend convenir des conditions d’un dialogue accepté par toutes les parties. Elle ne précise ni le calendrier ni les modalités de ces rencontres et ne fait état d’aucun accord des deux hommes pour les recevoir.
La C64 annonce également un plaidoyer auprès des partenaires de la RDC en faveur d’une solution négociée à la crise politique, sécuritaire et humanitaire.
Créée le 19 mai 2026, elle affirme opposer « la même exigence constitutionnelle au pouvoir et aux mouvements armés ». Elle condamne ce qu’elle qualifie de projet de « coup d’État constitutionnel » destiné à maintenir le pouvoir en place au-delà des limites prévues, ainsi que le recours aux armes pour conquérir le pouvoir et s’y installer.
Cette condamnation de la prise du pouvoir par les armes ne désigne pas nommément Joseph Kabila.
La coalition réaffirme son rejet de tout changement de Constitution, d’un troisième mandat présidentiel ou d’un report des élections prévues en 2028.
Réagissant à l’adoption, le 23 octobre par l’Assemblée nationale, du texte fixant les conditions d’organisation du référendum, elle estime qu’une telle loi ne peut contourner les dispositions de l’article 220, notamment celles relatives au nombre et à la durée des mandats présidentiels.
« Une Constitution n’a pas à être aimée ni désirée. Elle doit être scrupuleusement respectée et appliquée », affirme la déclaration.
Sur le dialogue, la C64 demande que son objet, sa composition, sa facilitation, ses modalités et le suivi de ses conclusions soient concertés. Elle appelle à la relance de la facilitation africaine conduite par l’Angola et le Togo, autour de la médiation des Églises catholique et protestante.
Elle souhaite également que les questions de gouvernance envisagées dans les six protocoles additionnels du processus de Doha soient intégrées au dialogue national. Ce processus doit, selon elle, produire des résultats vérifiables concernant le cessez-le-feu, la protection des civils et l’accès humanitaire.
La coalition réclame enfin une décrispation politique, le retour des exilés et la libération des personnes qu’elle considère comme arbitrairement détenues. Elle exige notamment la libération de Prince Epenge et demande une enquête indépendante sur les violations dénoncées lors des manifestations des 12 juin et 15 septembre, ainsi que sur la mort de Manassé Lomboto, qu’elle qualifie d’assassinat.