Dieudonné Banga Mukose, président de la Fondation Katangaise, appelle à préserver cette organisation communautaire de toute instrumentalisation politique, dans un contexte marqué par les divergences partisanes, les tensions sociales et les défis sécuritaires auxquels fait face la République démocratique du Congo (RDC).
Dans une tribune de réflexion intitulée « Au-delà des clivages : faire de la Communauté le sanctuaire de notre unité et de notre prospérité commune », il invite les leaders politiques, les chefs coutumiers, les notables, les femmes, les jeunes et les autres composantes de la société à faire prévaloir les intérêts collectifs sur les rivalités politiques.
Pour Dieudonné Banga Mukose, l’unité communautaire doit constituer un socle de solidarité et de développement, au-delà des appartenances politiques et des divergences d’opinions. Il estime que les valeurs communes doivent servir de fondement à la construction d’un Katanga uni, digne et prospère.
Cette réflexion porte également sur l’héritage à transmettre aux générations futures, dans un environnement marqué par des mutations économiques, géopolitiques et sociales qui appellent, selon lui, à davantage de responsabilité collective.
La Fondation Katangaise, un espace apolitique à préserver
Au cœur de sa tribune, le président de la Fondation Katangaise réaffirme le caractère strictement apolitique de son organisation. Il présente cette orientation comme une condition essentielle à la préservation de la cohésion communautaire et au maintien d’un cadre de rassemblement ouvert à tous.
Selon lui, les organisations communautaires ne doivent pas devenir des instruments au service des ambitions partisanes ni des espaces d’affrontement entre acteurs politiques.
« La Fondation Katangaise doit rester un espace où chaque fille et chaque fils du Katanga peut trouver sa place, indépendamment de son appartenance politique », défend-il dans sa réflexion.
Il appelle ainsi les responsables politiques à mener leurs activités dans leurs formations respectives, sans importer leurs rivalités au sein de cette structure socioculturelle.
Pour appuyer son plaidoyer en faveur de la fraternité, Dieudonné Banga Mukose fait référence au Psaume 133, verset 1, qui célèbre la beauté de la vie commune et de l’unité entre frères.
Ressources naturelles : pour une redistribution plus équitable des richesses
Au-delà de la cohésion sociale, le président de la Fondation Katangaise met en avant la question de la redistribution des richesses issues de l’exploitation des ressources naturelles.
Il relève le contraste entre le potentiel minier et agricole du Katanga, qui contribue à l’économie nationale et internationale, et les difficultés socioéconomiques auxquelles reste confrontée une partie de la population.
À ses yeux, la paix sociale ne peut durablement reposer sur des promesses électorales. Elle doit se traduire par des améliorations concrètes des conditions de vie, grâce à une répartition plus équitable des bénéfices générés par les ressources du pays, dans le respect des lois de la République et des mécanismes de solidarité nationale.
Dieudonné Banga Mukose plaide notamment pour que les revenus tirés des activités minières et agricoles contribuent davantage au développement des infrastructures, à l’amélioration du système éducatif, à l’accès aux soins de santé et à la création d’emplois durables, particulièrement pour les jeunes.
Il estime que la véritable richesse du Katanga ne doit pas seulement se mesurer à son potentiel économique, mais aussi à sa capacité à améliorer les conditions de vie des populations qui y résident et y travaillent.
Identité katangaise : promouvoir le vivre-ensemble plutôt que l’exclusion
Le président de la Fondation Katangaise met également en garde contre toute conception de l’identité katangaise qui favoriserait le repli communautaire ou l’exclusion d’autres groupes sociaux.
Il rappelle que l’histoire du Katanga est aussi celle de l’accueil, du travail, des échanges et de la fraternité entre différentes communautés. Pour lui, l’attachement aux racines culturelles doit encourager le respect mutuel et non devenir un motif de stigmatisation.
Dans cette perspective, il appelle à combattre les manipulations politiques et les discours susceptibles d’attiser les tensions intercommunautaires.
L’objectif, souligne-t-il, est de consolider une coexistence pacifique entre les différentes communautés, y compris celles qui ont choisi le Katanga comme terre d’adoption et participent à son développement.
« L’unité ne signifie pas l’effacement de nos différences, mais la capacité à les dépasser pour préserver la dignité humaine et construire un avenir commun », dit-il dans son plaidoyer.
La tribune aborde également les défis sécuritaires auxquels la RDC est confrontée, notamment la persistance des conflits armés et la montée de la criminalité urbaine, dont le phénomène Kuluna et les vols à main armée.
Face à ces préoccupations, Dieudonné Banga Mukose appelle à une mobilisation responsable des forces vives de la nation. Il condamne les discours de haine, les incitations à la violence et toutes les formes de stigmatisation, quelle qu’en soit l’origine.
Il rappelle que la protection de la vie humaine, la cohésion nationale et le droit de chaque citoyen à vivre en sécurité doivent demeurer des priorités.
Sur le plan politique, le président de la Fondation Katangaise soutient le principe d’une concertation nationale sincère, inclusive et orientée vers les préoccupations réelles de la population.
Il préconise notamment la réhabilitation de « l’arbre à palabres », symbole traditionnel d’écoute, de sagesse et de recherche collective de solutions. À travers cette référence culturelle, il plaide pour un dialogue permanent, constructif et ancré dans les valeurs de responsabilité et de respect mutuel.
Il précise toutefois que le dialogue républicain doit rester un cadre de concertation et de résolution des problèmes, sans être détourné au profit d’intérêts particuliers, d’un boycott ou d’un blocage systématique des institutions.
Pour favoriser la réconciliation et la restauration de la confiance, Dieudonné Banga Mukose insiste sur le rôle que peuvent jouer les responsables religieux et les chefs coutumiers.
Les chefs d’Églises, les pasteurs et les autorités traditionnelles disposent, selon lui, d’une influence morale, spirituelle et culturelle susceptible de contribuer au rapprochement des communautés.
Leur implication concertée pourrait favoriser l’apaisement social, encourager les jeunes à adopter des comportements responsables et participer à la prévention de la délinquance et des conflits sociaux.
La Fondation Katangaise se dit ainsi disposée à accompagner les initiatives de rapprochement et de réconciliation qui poursuivent ces objectifs, tout en préservant son indépendance et son impartialité.
Un appel aux notables et aux acteurs politiques
Le président de la Fondation Katangaise exhorte les notables, les chefs coutumiers, les femmes, les jeunes, les leaders d’opinion, les responsables associatifs et les acteurs politiques à protéger cette organisation des rivalités partisanes.
Il rappelle que sa mission n’est ni de prendre parti dans les affrontements entre formations politiques ni de se substituer aux institutions compétentes. Elle consiste plutôt à contribuer à l’unité communautaire, à défendre les droits culturels, à promouvoir la solidarité et à protéger les intérêts légitimes des populations.
Dieudonné Banga Mukose souhaite ainsi voir la Fondation Katangaise retrouver pleinement sa vocation de cadre de concertation, de solidarité et d’action en faveur du développement de l’espace katangais et du bien-être de ses habitants.
« Au-delà de nos divergences, nous avons une histoire à préserver, une communauté à consolider et un avenir à construire ensemble », insiste-t-il dans sa tribune.