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RDC : l’ADP de Christophe Lutundula condamne la création du FRN et appelle à des sanctions internationales renforcées contre Kabila et ses alliés

Le Parti Alliance des démocrates pour le progrès (ADP) de Christophe Lutundula lors d'une déclaration politique

Dans une déclaration politique lue ce dimanche 18 octobre à son siège de Kinshasa, en présence de son président national, Christophe Lutundula Apala Pen’Apala, l’Alliance des démocrates pour le progrès (ADP) accuse l’ex-chef de l’État Joseph Kabila de s’inscrire dans une logique de déstabilisation des institutions et de retour au pouvoir par la force après avoir lancé et pris la tête du Front pour la refondation de la Nation (FRN), nouveau mouvement politico-militaire. 

Dans cette déclaration lue par maître John Mbombo, secrétaire du parti, l’ADP dit avoir appris « sans surprise » la transformation de l’AFC/M23 en FRN. Le parti considère cette évolution comme une confirmation des accusations portées depuis plusieurs mois contre l’ancien président au sujet de la crise sécuritaire qui secoue l’est de la République démocratique du Congo.

« Le Président Félix Tshisekedi a eu raison d'avoir pointé du doigt Monsieur Joseph Kabila Kabange en complicité avec Monsieur Paul Kagame comme inspirateur et responsable numéro un de la crise sécuritaire grave qui décime les populations et pilles les richesses naturelles du Congo dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis 30 ans », peut-on lire dans cette déclaration signée par Christophe Lutundula. 

Selon ce parti, la création du FRN met notamment en lumière ce qu’elle présente comme la responsabilité du Rwanda et de ses dirigeants dans les violences commises dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. 

L’ADP estime, par ailleurs, que la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien chef de l’État ainsi que sa condamnation par la Haute Cour militaire sont justifiées. 

« Le Sénat a levé à bon droit l'immunité parlementaire de Joseph Kabila Kabange et la Haute Cour militaire a dit le bon droit en le condamnant pour haute trahison, intelligence avec l'ennemi, participation et organisation d'un mouvement insurrectionnels, crime de guerre, complot et apologie du terrorisme », souligne la déclaration, qui affirme également que les rapports des experts des Nations unies établissant des liens entre Joseph Kabila et l’AFC/M23 sont « objectifs et crédibles ».

Pour l’ADP, la création du FRN traduit surtout une volonté de l’ancien président de renverser l’ordre constitutionnel et de revenir au pouvoir par les armes. Le parti soutient que ce projet constitue une atteinte grave à la Nation et à l’État congolais. 

Face à cette situation, la formation politique appelle les Congolais à resserrer les rangs autour du président Félix Tshisekedi, des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des groupes Wazalendo engagés dans la lutte contre les groupes armés dans l’est du pays. Elle invite également la population à soutenir le dialogue national convoqué par Félix Tshisekedi en vue de promouvoir la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État.

L’ADP demande, en outre, au gouvernement d’amplifier les efforts de mobilisation des ressources destinées à renforcer les capacités opérationnelles des FARDC et des services de sécurité. Sur le plan diplomatique, elle plaide pour « une condamnation internationale du FRN, des sanctions renforcées contre ses fondateurs ainsi que l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation sécuritaire dans l’est de la RDC». 

Le parti souhaite également que les États-Unis accentuent la pression sur le Rwanda afin qu’il respecte les engagements pris dans le cadre de l’accord de Washington signé en juin 2025.

Le FRN a annoncé mettre fin à l’existence de l’AFC et se donne pour mission, selon sa déclaration du 12 octobre à Goma,  de combattre le pouvoir de Kinshasa « par tous les moyens y compris la force ». Depuis cette annonce, plusieurs partis politiques et personnalités, tant de la majorité que de l’opposition, ainsi que certaines figures issues du PPRD de Joseph Kabila, sont montés au créneau pour dénoncer la décision de l’ancien président congolais et se désolidariser de cette démarche.


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