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Est de la RDC : « Les vies congolaises ont la même valeur que les vies ukrainiennes » lancent deux élus européens qui exigent des sanctions contre les responsables de la déstabilisation 

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Face à l’aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) marquée par l’agression rwandaise, la poursuite des hostilités et l’occupation de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les députés européens belges Elio Di Rupo et Hilde Vautmans appellent l’Union européenne (UE) à sortir de son silence. À l’issue d’une rencontre avec le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, en présence de Lydia Mutyebele Ngoi, députée fédérale belge d’origine congolaise et membre du Parti socialiste, ils réclament des sanctions ciblées contre les responsables de la déstabilisation, le respect des engagements de paix et un renforcement urgent de l’aide humanitaire.

La situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC continue de susciter des inquiétudes sur la scène internationale. Dans une synthèse de cette rencontre publiée sur les réseaux sociaux de l’ancien Premier ministre belge Elio Di Rupo, dont une copie est parvenue à la rédaction de ACTUALITE.CD samedi 17 octobre 2026, les deux élus dénoncent le manque de réaction européenne face à un conflit qui perdure depuis plus de trois décennies. Elio Di Rupo, membre du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) et Hilde Vautmans, membre du groupe Renew Europe, estiment que la crise congolaise mérite la même attention internationale que les autres conflits majeurs, notamment celui qui oppose la Russie à l’Ukraine. 

« Les vies congolaises ont la même valeur que les vies ukrainiennes. L’Europe ne peut rester silencieuse ! J’ai rencontré Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale, avec la députée fédérale Lydia Mutyebele et ma collègue européenne Hilde Vautmans. Le ministre nous a expliqué avec beaucoup de précision la situation dramatique dans l’Est de la RDC et les enjeux de ce conflit qui ravage le pays depuis plus de 30 ans », a fait savoir Elio Di Rupo.

L’entrée en scène de Joseph Kabila suscite des inquiétudes 

Déplorant l’aggravation de la situation, Elio Di Rupo craint une nouvelle détérioration du contexte sécuritaire, susceptible d’entraîner une escalade des violences dans la région. Cette inquiétude est notamment liée à l’entrée en scène de l’ancien président congolais Joseph Kabila Kabange, qui a décidé de prendre la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire dénommé Front pour la refondation de la nation (FRN) présenté comme intégrant le M23 un groupe armé soutenu par le Rwanda.

« Le bilan humain est terrible : des millions de morts, 18,5 millions de personnes ayant besoin d’aide humanitaire et des millions de déplacés. La situation s’aggrave encore. L’ancien président Joseph Kabila prend la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire, le FRN, intégrant le M23, un groupe armé soutenu par le Rwanda », a-t-il déploré.

Les ressources minières au cœur du conflit

Selon Elio Di Rupo, cette guerre est également alimentée par d’importants intérêts économiques. Il rappelle que la RDC possède de nombreuses ressources naturelles, notamment du coltan, utilisé dans la fabrication de téléphones et d’ordinateurs.

S’appuyant sur les conclusions d’experts des Nations unies, il affirme que le M23, avec le soutien du Rwanda, participe au pillage des ressources minières congolaises

« Ces minerais sont acheminés illégalement vers le Rwanda, mélangés à sa production, puis revendus à l’étranger, notamment sur les marchés européens. Ce pillage profite économiquement au Rwanda et finance les groupes armés. Il constitue un enjeu stratégique majeur pour le régime de Paul Kagame », a dénoncé l’ancien Premier ministre belge.

Des sanctions et un renforcement de l’aide humanitaire réclamés

Face à cette catastrophe, les deux élus estiment que l’Europe ne peut continuer à détourner le regard. Selon eux, si la guerre en Ukraine mobilise légitimement l’attention de la communauté internationale, cela ne saurait justifier une politique de deux poids, deux mesures

« Notre solidarité ne peut être à géométrie variable ! Avec Hilde Vautmans, nous appelons l’UE à sanctionner les responsables de la déstabilisation, dont Joseph Kabila et les responsables rwandais soutenant le M23 ; à faire respecter les accords de paix et la souveraineté congolaise ; et à renforcer l’aide humanitaire ainsi que la traçabilité des minerais », ont-ils déclaré. Les deux élus ont également annoncé leur intention de demander que le président congolais Félix Tshisekedi puisse s’exprimer devant les députés européens réunis à Strasbourg.

La crédibilité de l’Union européenne en jeu

Pour ces élus européens, l’Union européenne doit agir rapidement et mettre fin à toute politique de deux poids, deux mesures dans le traitement des conflits internationaux. Tout en apportant leur soutien aux initiatives diplomatiques en cours, ils estiment que la crédibilité de l’UE dépend de sa capacité à défendre et à faire respecter les accords de paix auxquels elle apporte son soutien.

« Le peuple congolais a droit à la paix, à la sécurité et à la même considération que toutes les victimes de guerre ! La crédibilité de l’Europe se mesure aussi à sa capacité à faire respecter les accords de paix qu’elle défend », ont-ils soutenu.

Au sujet de la crise en République démocratique du Congo (RDC), l’Union européenne semble marquer le pas face à l’implication croissante d’autres acteurs internationaux. Les États-Unis se sont engagés dans la gestion de la crise entre Kinshasa et Kigali tandis que le Qatar participe aux efforts visant à résoudre le conflit opposant le gouvernement congolais à la rébellion de l’AFC/M23

Pourtant, l’année dernière, au lendemain de l’occupation des villes de Goma et de Bukavu par les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda, l’Union européenne avait joué un rôle important en exerçant des pressions sur Kigali et le mouvement rebelle. C’est dans ce contexte que des sanctions individuelles de l’Union européenne contre des responsables rwandais ont été annoncées lundi 17 mars 2025. Elles visaient notamment des officiers des Forces de défense rwandaises (Rwanda Defence Force, RDF) ainsi que des cadres de l’AFC/M23. Cette rébellion est également associée au Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire dirigé désormais par l’ancien président congolais Joseph Kabila Kabange

Cette nouvelle interpellation de deux députés européens intervient dans un contexte où malgré les avancées annoncées dans le cadre des processus de Washington et de Doha, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Elle reste marquée par la poursuite des hostilités, l’escalade des tensions et des accusations mutuelles de non-respect des engagements entre les différentes parties au conflit

Clément MUAMBA

 


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