Dans le cadre des efforts visant à rétablir la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs, la France a attiré l’attention du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’urgence de soutenir les initiatives régionales mais aussi de s’attaquer aux causes profondes de la crise. Son représentant permanent auprès des Nations unies à New York, Jérôme Bonnafont, a lancé cet appel lors de son intervention, le mardi 13 octobre 2026, devant le Conseil de sécurité
Pour étayer son argumentaire au cours de cette session consacrée à la crise dans la région des Grands Lacs avec un accent particulier sur la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le diplomate français a notamment évoqué l’exploitation et le trafic illicites des ressources naturelles. Selon lui, ces activités contribuent au financement des groupes armés, au détriment des populations congolaises qui devraient être les premières bénéficiaires des richesses de leur pays
« Le Conseil doit soutenir les efforts régionaux et ceux de l’Envoyé spécial visant à traiter les facteurs structurels du conflit. Cela inclut, cela a été mentionné par l’Envoyé, la lutte contre l’exploitation et le trafic illicite des ressources naturelles, qui continuent de financer les activités des groupes armés et de déposséder les populations des richesses auxquelles elles ont droit » a déclaré le diplomate français au nom de son gouvernement
Alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer sur le terrain en raison de la poursuite des hostilités entre les parties au conflit, malgré les initiatives diplomatiques en cours, la France appelle le Conseil de sécurité à accentuer la pression sur les parties qui ne respectent pas leurs engagements. Au-delà de ces pressions, Paris se dit également favorable à l’adoption de sanctions contre les acteurs qui font obstacle aux efforts de paix
« Le Conseil doit rester activement saisi de la situation en exerçant une pression sur les parties pour qu’elles honorent leurs obligations et engagements. Il doit aussi se tenir prêt à adopter des mesures contre les acteurs faisant obstacle à la paix, comme nous l’avons fait en sanctionnant six individus et deux entités en juillet dernier » a plaidé Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Sur le plan humanitaire, le diplomate français a rappelé que le droit international humanitaire devait être respecté en toutes circonstances par les parties au conflit. Il a également souligné que la détérioration de la situation humanitaire coïncidait avec la résurgence de la maladie à virus Ebola en RDC, où le pays fait face à sa 17ᵉ épidémie
Pour le représentant de la France, il est essentiel de soutenir la riposte menée par les autorités congolaises, en collaboration avec les Nations unies ainsi que les partenaires internationaux et régionaux. Il a, à cet égard, rappelé la visite du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à Kinshasa et à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, les 2 et 3 octobre derniers
« Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, a voulu témoigner de la solidarité de la France envers les populations confrontées aux conséquences du conflit, dont les victimes de violences basées sur le genre, et à l’épidémie d’Ebola, ainsi qu’envers les acteurs mobilisés sur le terrain. Le ministre a présenté les nouvelles mesures d’appui de la France à la réponse à Ebola et il a apporté l’appui de la France à l’ensemble des efforts de paix intérieurs, régionaux et multilatéraux » a affirmé le diplomate français lors de son intervention
Alors que la crise perdure et que les affrontements se poursuivent malgré la conclusion des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali, sous les auspices des États-Unis, ainsi que le lancement du processus de Doha, destiné à traiter le conflit entre Kinshasa et l’AFC/M23, les appels à la retenue et au respect des engagements pris se multiplient aux niveaux national, régional et international.
Les différentes parties sont régulièrement invitées à appliquer les dispositions convenues dans le cadre de ces initiatives de paix. Cependant, ces exhortations n’ont pas encore produit d’effets significatifs sur le terrain. Cette situation ravive les interrogations sur le fossé qui persiste entre les avancées enregistrées dans les discussions diplomatiques et la réalité sécuritaire dans les zones de conflit. La réduction de cet écart demeure un défi majeur pour les acteurs engagés dans la recherche d’une solution durable à la crise
Chaque partie continue de défendre sa propre interprétation des engagements contenus dans les accords de Washington, ce qui complique davantage leur application et entretient les incertitudes quant à leur mise en œuvre effective
Clément MUAMBA
*Est de la RDC: à l’ONU, la France presse les parties de concrétiser le cessez-le-feu et de renforcer leurs engagements en faveur d’une cessation permanente des hostilités*
La France par l’intermédiaire de sa représentation au Conseil de sécurité des Nations unies a réaffirmé son soutien aux efforts diplomatiques visant à rétablir durablement la paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Lors d’une session du Conseil de sécurité consacrée à la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs avec un accent particulier sur la RDC, le représentant permanent de la France auprès des Nations unies Jérôme Bonnafont a insisté sur la nécessité de rendre effectif le cessez-le-feu et de garantir la pérennité du mécanisme de vérification
Au cours de cette session présidée mardi 13 octobre 2026 par la Grèce qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, la France a salué le déploiement des deux premières missions de vérification du cessez-le-feu du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), respectivement à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, et à Masisi, dans celle du Nord-Kivu
« Le cessez-le-feu doit être concrétisé alors que son mécanisme de vérification est en train de se mettre en place. La France salue les deux premières missions de terrain conduites par le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus à Minembwe (Sud-Kivu) et à Masisi (Nord-Kivu). Nous remercions la MONUSCO pour le soutien apporté conformément à son mandat, tel que révisé par ce Conseil en décembre dernier, ainsi que l’Union africaine et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs pour leur appui » a déclaré le diplomate français
Le représentant permanent de la France auprès des Nations unies a, par ailleurs réaffirmé le soutien de Paris aux partenaires qui contribuent aux efforts diplomatiques en faveur de la désescalade. Au nom du gouvernement français, il a également insisté sur la nécessité de renforcer le soutien à la médiation conduite par l’Union africaine, considérée comme un levier important pour faire progresser le processus de paix dans la région des Grands Lacs
« Nous réaffirmons notre soutien aux médiations et aux partenaires internationaux ayant contribué à ce résultat : les États-Unis d’Amérique, le Qatar, la Suisse et le Togo. Nous appelons en particulier à appuyer les efforts de la médiation de l’Union africaine. Le récent déplacement des trois facilitateurs en RDC et au Rwanda constitue une contribution utile au processus de paix » a affirmé le diplomate français
Malgré les avancées enregistrées, la France estime que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour garantir l’efficacité du mécanisme de vérification et traduire les engagements pris en résultats durables sur le terrain
« Des efforts supplémentaires sont attendus des parties pour pérenniser ce mécanisme et pour concrétiser une cessation permanente des hostilités » a souligné Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
Le déploiement de ces missions faisait suite aux engagements convenus à l’issue de la retraite d’évaluation tenue du 17 au 21 août en Suisse entre les représentants de Kinshasa et ceux de l’AFC/M23. Selon le communiqué final rendu public à l’issue de cette rencontre, les deux parties ont notamment évalué l’état de mise en œuvre de l’Accord-cadre signé à Doha et adopté une feuille de route pour la poursuite des négociations sur les différents protocoles restants, en vue de parvenir à la signature d’un accord de paix censé contribuer au rétablissement de la paix et de l’autorité de l’État dans l’Est de la République démocratique du Congo
Le choix de Minembwe pour cette première mission revêt une importance particulière. Située dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, cette zone reste marquée par une situation sécuritaire fragile et des tensions persistantes, souvent à l’origine d’accusations mutuelles liées au non-respect des engagements pris entre les deux parties. Il en est de même pour le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, où de violents combats sont régulièrement signalés et donnent lieu à des accusations mutuelles de violations des engagements entre Kinshasa et l’AFC/M23 que les autorités congolaises et l'ONU accusent d’être soutenue par le Rwanda
Ce mécanisme, voulu et réclamé par les partenaires de la RDC engagés dans les initiatives diplomatiques visant à résoudre la crise sécuritaire, s’inscrit dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu signé à Doha entre les deux parties en octobre 2025. Toutefois, sa mise en place, en prélude à son déploiement effectif, intervient dans un contexte où Kinshasa et l’AFC/M23 continuent de s’accuser mutuellement de nouvelles attaques contre les civils et de violations des engagements pris
Conformément à la résolution 2808 (2025), qui prolonge le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) jusqu’au 20 décembre 2026, la Mission est autorisée à appuyer la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent ainsi que du mécanisme de vérification convenu entre les parties à Doha, notamment en apportant un soutien logistique et technique
Clément MUAMBA