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Dialogue : « Comment le chef de l'État, qui incarne la Nation et qui est une institution, peut-il être partie au conflit ? », s’interroge le député Joseph Nkoy

Tshisekedi au forum national des affaires coutumières

Alors que le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi a signé l’ordonnance instituant un comité chargé de préparer la mise en place d’un dialogue national en RDC, cette décision est accueillie diversement dans l’environnement sociopolitique congolais. Si, pour l’opposition, cette ordonnance consacre un format de dialogue acquis à Félix Tshisekedi, du côté de sa famille politique, la démarche est saluée comme une avancée vers la tenue de ces assises.

Joseph Nkoy Wembo, député national de la majorité parlementaire, élu de Katako-Kombe (Sankuru), a exprimé sa satisfaction, affirmant que le chef de l’État est véritablement engagé dans le processus de dialogue.

« C’est une avancée significative vers le processus de dialogue pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État », a-t-il déclaré à ACTUALITE.CD.

Selon lui, l’ordonnance signée constitue une preuve de la détermination du chef de l’État à asseoir la cohésion nationale et à lutter contre la balkanisation du pays.

«C’est un indicateur majeur qui permet au peuple congolais de mesurer la détermination de Son Excellence Félix Tshisekedi Tshilombo à asseoir un Congo nouveau, à assurer la cohésion nationale et surtout à lutter contre la balkanisation sur laquelle ne font que jurer nos ennemis, dont principalement le Rwanda et ses acolytes en République démocratique du Congo », a-t-il ajouté.

L’ordonnance place le comité sous l’autorité directe du président de la République. C’est ce que les opposants récusent. Ils estiment que le chef de l’État est lui-même partie au conflit et ne peut pas tout contrôler. Avis que l’élu du Sankuru ne partage pas.

« Comment le chef de l’État, qui est celui qui incarne la Nation, qui est une institution, peut-il être partie au conflit ? Je ne voudrais pas accorder d’attention à ce genre de discours de manipulation. Qui doit piloter le dialogue, s’ils pensent qu’il ne devrait pas conduire ce processus de dialogue ? », s’est-il interrogé.

Alors que l’opposition et d’autres forces plaident plutôt pour une médiation neutre, notamment sous l’égide de la CENCO et de l’ECC, cet élu rejette cet avis. 

« C’est un processus qui traite les problèmes des Congolais, et ça ne peut qu’être placé sous l’autorité du président de la République, la première institution. Il ne faudrait pas donner l’impression que la Nation doit être dirigée par des structures privées, notamment la CENCO ou autres. Elles peuvent toujours jouer leur rôle, mais il ne faudrait pas considérer que ce sont ces structures-là qui peuvent prendre la place des institutions. Nous sommes dans un État. Il y a des institutions mises en place et le jeu politique ne peut être assuré pleinement que par les institutions constitutionnellement établies », a fait savoir l’élu.

Il a également défendu le caractère inclusif du processus, indiquant qu’il place le peuple au centre.

Présenté comme une initiative souveraine conçue et conduite par les Congolais, ce processus, selon la dernière adresse à la nation du chef de l’État, prononcée le jeudi 27 août dernier, débutera par des consultations dans les 26 provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Sa durée maximale, selon Félix Tshisekedi, est fixée à trois mois. Pour concrétiser cette initiative, le président de la République avait annoncé la mise en place d’un Comité d’organisation chargé de préparer les différentes étapes du processus. Selon lui, cette démarche vise notamment à démontrer que le Dialogue national ne constitue pas une simple déclaration d’intention.

La signature de cette ordonnance présidentielle marque ainsi une nouvelle étape dans la mise en œuvre du Dialogue national annoncé par le chef de l’État dans son adresse à la nation du 27 août dernier. L’objectif affiché est d’aboutir à un Pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, accompagné d’un mécanisme de suivi des engagements qui seront pris.

Clément MUAMBA


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