L'opposant congolais Delly Sesanga s'est exprimé lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, consacré aux violences survenues lors de la marche du 15 septembre 2026 à Kinshasa.
Delly Sesanga a affirmé que des affrontements survenus au niveau de la 10e rue avaient été le fait d'une « attaque en règle » orchestrée, selon lui, avec l'appui de la milice « Force du progrès » et de la police. « On n'a plus de police républicaine dans ce pays », a-t-il déclaré, y voyant la manifestation d'une absence plus large de garanties institutionnelles, lois, police, justice, qu'il présente comme la source même de la « crise politique » que traverse actuellement le pays.
Une charge contre certains discours qualifiés d'"anormaux"
Sans nommer directement son interlocuteur, l'opposant a dénoncé les propos de ceux qu'il qualifie de personnes « amorales », leur reprochant de ne pas évoquer la libération sous grâce présidentielle de personnalités qu'il accuse d'avoir ensuite rejoint les rangs de l'AFC/M23, un fait qu'il qualifie, dans d'autres pays dotés d'un appareil judiciaire fonctionnel, de « haute trahison ».
Sur la mobilisation du 15 septembre
Delly Sesanga a affirmé que l'ampleur du dispositif policier déployé ce jour-là démontrait, au contraire des discours minimisant la contestation, l'ampleur de la mobilisation populaire. Il a rappelé, selon lui, que tous les pouvoirs successifs en RDC, de Mobutu à Tshisekedi, en passant par Kabila, auraient minimisé la contestation populaire « jusqu'au jour où ils sont chassés ».
L'opposant a précisé que la manifestation prévue comportait deux cortèges distincts, l'un parti de l'échangeur, dans lequel il se trouvait aux côtés de Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund, l'autre conduit notamment par Dieudonné Bolengetenge et Mike Mukebayi sur un autre itinéraire, et que les deux auraient été empêchés d'atteindre leur point de chute par l'intervention des forces de l'ordre. Il a affirmé que seule la retenue des manifestants avait permis d'éviter « un bain de sang ».
« On est en dehors de la République »
Delly Sesanga a conclu son intervention par une charge générale contre le pouvoir en place, dénonçant une « apologie de la violence », une « préférence spontanée pour la force » et le recours à des milices qu'il juge incompatibles avec le fonctionnement d'un État de droit. Il a mis en garde contre le risque de voir, face à une telle situation, certains acteurs « imaginer des montées aux extrêmes », tout en réaffirmant sa détermination à poursuivre le combat pour empêcher, selon ses mots, que le pays « ne redevienne plus jamais une dictature ».