You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Diaporama
Slide 1 selected
Catégorie

Belgique–Rwanda: les relations diplomatiques rétablies après des mois de tensions liées à la crise dans l’Est de la RDC

Maxime Prévot et Olivier Nduhungirehe

La Belgique et le Rwanda ont décidé de rétablir leurs relations diplomatiques après plusieurs mois de rupture suite aux tensions sécuritaires dans l’est de la RDC. 

Les deux pays prévoient désormais la réouverture prochaine de leurs ambassades à Bruxelles et à Kigali, indique un communiqué conjoint des ministres des affaires étrangères de ces deux pays.

«Dans un premier temps, chaque mission sera dirigée par un chargé d’affaires ad interim, appuyé par un diplomate ou un agent consulaire et une petite équipe technique. Les demandes d’agrément d’ambassadeur seront ensuite soumises en vue d’un futur mouvement diplomatique, étant entendu que l’ambassadeur de la République du Rwanda auprès du Royaume de Belgique sera également accrédité auprès de l’Union européenne », renseigne le communiqué.

D’après le même document, cette décision fait suite à une série de réunions et d’échanges informels entre les deux ministres des Affaires étrangères ces derniers mois, au cours desquels un certain nombre de divergences et de malentendus ont été abordés dans un esprit constructif.

«La Belgique et le Rwanda réaffirment leur engagement à maintenir un dialogue ouvert, franc et transparent, reconnaissant son caractère essentiel pour traiter les différends bilatéraux et aborder les divergences de vues et les désaccords persistants sur les questions internationales. Ils se sont également engagés à renouveler les principes de non-ingérence, de respect mutuel et d’engagement constructif, qui guideront leurs futures relations bilatérales ».

En mars 2025, la Belgique avait annoncé des mesures de réciprocité après la décision du Rwanda de rompre les relations diplomatiques et d’expulser les diplomates belges sous 48 heures. Dans un communiqué officiel, le gouvernement rwandais avait justifié cette rupture par ce qu’il qualifiait de « tentatives pitoyables de la Belgique de maintenir ses illusions néocoloniales » et par son rôle « historique et profondément violent » dans la région.

Kigali accusait également Bruxelles « d’agir systématiquement contre le Rwanda » dans le contexte du conflit en République démocratique du Congo et de « manipuler l’opinion internationale » afin de créer une hostilité injustifiée à son encontre. Le Rwanda reprochait par ailleurs à la Belgique d’héberger sur son territoire des groupes qu’il considérait comme des propagateurs de l’idéologie génocidaire.

En réaction, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, avait dénoncé une décision « disproportionnée », regrettant que « lorsque nous sommes en désaccord avec le Rwanda, il préfère ne pas dialoguer ». La Belgique avait alors annoncé à son tour des mesures de réciprocité, notamment la convocation du chargé d’affaires rwandais à Bruxelles, la déclaration de diplomates rwandais persona non grata ainsi que la dénonciation des accords de coopération gouvernementale entre les deux pays.

Cette rupture diplomatique avait marqué une nouvelle escalade dans les tensions entre Bruxelles et Kigali, alors que la Belgique accuse le Rwanda de soutenir la rébellion du M23 dans l’Est de la RDC, une accusation que Kigali rejette fermement

Clément MUAMBA