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RDC : Félix Tshisekedi promet des mesures de confiance et de décrispation politique, appelant ceux qui se sont engagés dans des voies contraires à l’idéal national à « renouer avec la République »

Tshisekedi au forum national des affaires coutumières

En République démocratique du Congo, le président de la République, Félix Tshisekedi veut créer un climat politique plus « serein » en prélude au Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. L’annonce a été faite jeudi 27 août 2026, dans son adresse à la Nation, dans un contexte de fortes attentes autour de la convocation de ce dialogue notamment en vue de contribuer au règlement de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC et d’aborder d’autres questions d’intérêt national.

Dans cette adresse, qui intervient après celle prononcée à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la RDC, le chef de l’État Félix Tshisekedi a annoncé des mesures de confiance et de décrispation politique destinées à favoriser un débat apaisé entre les différentes composantes de la société congolaise. À l’en croire, la réussite d’un dialogue sincère passe d’abord par l’instauration d’un climat politique apaisé, permettant aux différents acteurs de défendre leurs convictions sans recours à la haine ou à la violence.

« Un dialogue sincère exige un climat politique serein. À cet effet, je donnerai instruction au Gouvernement d’engager, en concertation avec les institutions compétentes et dans le strict respect de la séparation des pouvoirs, la préparation et la mise en œuvre de mesures de confiance et de décrispation politique. Conformes à la législation en vigueur, ces mesures devront préserver l’indépendance de la justice, garantir les droits des victimes et tenir compte des impératifs de sécurité nationale, tout en favorisant un débat apaisé dans lequel chacun pourra défendre ses convictions sans haine, intolérance ni violence », a fait savoir Félix Tshisekedi dans son discours.

Félix Tshisekedi a également exprimé sa volonté de créer les conditions permettant le retour et la participation à la vie nationale de certains Congolais qui, en raison des événements politiques et sécuritaires récents, se sont éloignés de la communauté nationale. Le chef de l’État affirme vouloir veiller personnellement à la mise en place des conditions nécessaires à ce retour, tout en insistant sur le respect des lois et de la paix civile.

« Dans l’esprit de responsabilité et de concorde nationale qui guide cette démarche, je veillerai personnellement à ce que soient réunies, dans le strict respect des lois de la République et des exigences de la paix civile, les conditions de sécurité et de confiance nécessaires au retour et à la participation de ceux de nos compatriotes que les épreuves de notre histoire récente ont conduits, pour diverses raisons, à se tenir en marge de l’unité nationale. J’en appelle également à ceux qui se sont engagés dans des voies contraires à l’idéal national, mais qui souhaitent aujourd’hui se ressaisir : le moment est venu de renouer avec la République et de reprendre pleinement leur place au sein de la communauté nationale », a lancé Félix Tshisekedi dans son discours.

En sa qualité de garant de la Nation et du bon fonctionnement des institutions, Félix Tshisekedi a par ailleurs appelé les responsables politiques, sociaux, religieux et communautaires à contribuer eux-mêmes à l’apaisement du climat politique. Le président congolais leur demande notamment de renoncer aux discours de haine et aux appels à la violence, tout en privilégiant le débat d’idées.

« J’invite enfin chaque acteur politique, social, religieux ou communautaire à accomplir le geste d’apaisement que la Nation attend de lui : baisser le ton, renoncer aux discours de haine, proscrire tout appel à la violence, préférer l’argument à l’invective et placer, en toutes circonstances, l’intérêt supérieur de la République au-dessus des intérêts partisans. L’heure n’est plus aux postures stériles. L’heure n’est plus aux querelles de préséance ni aux fractures entretenues au détriment du peuple. L’heure est au sursaut, à l’unité et à l’action », a recommandé Félix Tshisekedi dans son adresse.

La question relative au dialogue national continue de diviser davantage la classe sociopolitique congolaise. Pour Kinshasa, s’il doit y avoir dialogue, ce dialogue doit notamment avoir pour objectif de créer un front national face à ce que les autorités congolaises présentent comme une agression rwandaise, menée avec l’appui de l’AFC/M23. Dans cette approche, les autorités congolaises considèrent que la crise actuelle est avant tout sécuritaire et que les processus de Washington et de Doha constituent les cadres appropriés pour traiter la dimension sécuritaire et militaire de la crise.

Cette méthodologie est cependant rejetée par une partie de l’opposition, qui estime que Kinshasa est elle-même partie à la crise et ne peut, de ce fait, être à la fois partie prenante et définir seule le tempo ainsi que les modalités de résolution de la crise actuelle. Le débat autour du Dialogue national s’annonce ainsi comme l’un des principaux enjeux politiques des prochaines semaines, entre la volonté du pouvoir de privilégier un processus national axé sur la cohésion et la refondation de l’État et les revendications de l’opposition en faveur d’un cadre qu’elle souhaite davantage consensuel et inclusif.

Clément MUAMBA

 


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