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Dialogue national : Félix Tshisekedi maintient Doha pour les discussions avec l’AFC/M23 et ouvre une voie de réintégration à ceux qui renonceront sincèrement à la lutte armée 

Thérèse Kayikwamba à Doha

Dans son adresse à la Nation du jeudi 27 août, le président Félix-Antoine Tshisekedi a clarifié les contours du dialogue national annoncé et intitulé « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État » tout en fixant des limites précises à la participation des acteurs armés. Son message repose sur une distinction majeure : le dialogue national doit servir à reconstruire la cohésion interne de la République démocratique du Congo, tandis que le processus de Doha demeure le cadre destiné à traiter directement les questions militaires liées à l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda et contrôlant de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC.

Pour le chef de l’État Félix Tshisekedi, il n’est pas question de créer une nouvelle table de négociation qui ferait concurrence au processus de Doha. Le président de la République considère ce dernier comme le cadre approprié pour discuter de la cessation des hostilités, du désengagement, du cantonnement et du désarmement de l’AFC/M23. À en croire Félix Tshisekedi, le dialogue national ne se substituera pas au processus de Doha, piloté par l’État du Qatar et soutenu par les États-Unis d’Amérique.

« Le processus de Doha demeure le cadre approprié pour traiter avec l’AFC/M23 des questions relatives à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement, au désarmement et aux autres modalités directement liées au conflit. Le Dialogue national ne se substituera pas à ce processus. Il ne deviendra pas davantage une voie parallèle permettant d’obtenir par les armes ce que la démocratie et l’ordre constitutionnel n’ont pas accordé », a déclaré le président Félix Tshisekedi dans son discours.

Pour ceux qui ont pris les armes, comme c’est le cas des membres de la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda, une prise en compte dans le dialogue national reste envisageable, à condition d’une renonciation sincère et vérifiable à leur engagement armé et à toute forme de violence. Toujours selon Félix Tshisekedi, leur prise en charge s’inscrira dans les mécanismes de désarmement, de démobilisation, de réintégration, de relèvement communautaire et de stabilisation, ainsi que dans les dispositifs de justice et de réconciliation.

« Une voie de réintégration au sein de la communauté nationale restera néanmoins ouverte à ceux qui, à titre individuel, renonceront de manière sincère et vérifiable à leur engagement armé et à toute forme de violence, et qui condamneront sans équivoque l’agression dont notre pays est victime. Leur prise en charge s’inscrira dans les mécanismes de désarmement, de démobilisation, de réintégration, de relèvement communautaire et de stabilisation, ainsi que dans les dispositifs de justice et de réconciliation », a affirmé Félix Tshisekedi dans son adresse.

Poursuivant son adresse, le président Félix Tshisekedi est revenu sur l’importance et la nécessité de remettre la justice au centre des préoccupations, au profit des victimes des actes d’agression attribués au Rwanda. Selon le chef de l’État, la paix ne saurait signifier l’impunité.

« Les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les actes de génocide, les violences sexuelles graves et les autres crimes imprescriptibles ne pourront être effacés par une amnistie générale ni sacrifiés au nom d’un compromis politique. Nous ne construirons pas la réconciliation sur l’oubli. Nous ne laisserons pas davantage la vengeance, la haine ou la peur décider de l’avenir de nos enfants. Notre responsabilité sera de tenir ensemble deux exigences indissociables : ouvrir le chemin de la paix à celles et ceux qui renoncent sincèrement à la violence et garantir la justice à celles et ceux qui en ont été les victimes », a souligné le président Félix Tshisekedi.

Cette position intervient alors que les représentants de Kinshasa et de l’AFC/M23 ont récemment poursuivi leurs discussions dans le cadre du processus de Doha. Une réunion tenue en Suisse du 17 au 21 août 2026 a notamment permis aux parties de convenir d’une feuille de route pour la poursuite des négociations et le suivi des engagements déjà pris. À la suite de cette étape des discussions dans le cadre du processus de Doha, une première mission de vérification du cessez-le-feu a été lancée à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu.

Le processus de Doha, placé sous l’égide de l’État du Qatar, demeure toutefois confronté à d’importantes difficultés dans la mise en œuvre des engagements pris par les parties. Malgré les avancées évoquées dans le cadre du processus, plusieurs cycles de discussions n’ont toujours pas permis à Kinshasa et à l’AFC/M23 de rapprocher suffisamment leurs positions sur les principaux points de divergence. Cette nouvelle rencontre en Suisse entend insuffler une nouvelle dynamique aux négociations, après des temps morts et en l’absence de résultats escomptés.

Pendant ce temps, la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, et les forces gouvernementales poursuivent les hostilités sur le terrain, tandis que le mouvement continue de consolider ses positions et son administration parallèle dans les zones sous son contrôle. Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différents protagonistes au respect des engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu’à présent sans effet notable

Clément MUAMBA

 


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