La situation sur le fleuve Congo près de Makotipoko dans le département de la Nkéni-Alima connaît une évolution diplomatique favorable après l’incident survenu dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 août entre des éléments des forces congolaises et une patrouille fluviale de la République démocratique du Congo (RDC). L’incident a impliqué des éléments de la marine et de la gendarmerie nationales de la République du Congo face à ceux de la marine congolaise de la RDC. Il intervient alors que la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner, effectue une visite officielle à Brazzaville.
Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays, dont les capitales, Brazzaville et Kinshasa, sont séparées par le fleuve Congo. À la suite de l’incident, les autorités de Brazzaville et de Kinshasa ont choisi la voie du dialogue et de l’apaisement afin d’éviter toute escalade entre les deux pays voisins.
Dans une mise au point publiée à la suite de l’incident, le ministre congolais de la Communication et des médias, porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, a souligné la volonté des deux parties de privilégier une démarche pacifique.
« Faisant suite à l’incident malheureux survenu à Makotipoko dans la nuit du 26 au 27 août 2026 entre les patrouilles fluviales de la République du Congo et de la RDC, les autorités des deux pays ont privilégié une démarche d’apaisement, illustrée par le communiqué conjoint rendu public ce jour à Brazzaville par leurs Excellences Monsieur Constant Serge Bounda, ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, et Madame Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie de la République démocratique du Congo, à l’occasion de la visite officielle de celle-ci dans notre pays », a écrit sur son compte X le ministre congolais de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla
Selon le porte-parole du gouvernement congolais, les échanges engagés entre les différentes autorités concernées ont permis de dégager une solution concernant les deux ressortissants retenus à la suite de l’incident.
« Il ressort des échanges menés à tous les niveaux concernés que des mesures ont été prises afin que nos deux compatriotes retenus soient rapatriés dans notre pays dans les prochaines heures », a précisé Thierry Moungalla.
Cette annonce constitue un signal d’apaisement au regard des relations traditionnelles qui unissent les deux États. Les autorités de deux pays ont également exprimé leurs regrets quant à la survenue de cet incident et réaffirmé leur attachement au bon voisinage.
« Les deux Gouvernements regrettent profondément la survenance d’un tel incident et réaffirment l’esprit de bon voisinage qui caractérise, sous l’autorité de nos deux chefs d’État, les relations entre nos deux pays », a indiqué Thierry Moungalla.
L’incident de Makotipoko intervient ainsi dans un contexte marqué par de bonnes relations entre Brazzaville et Kinshasa, qui cherchent à consolider leur coopération bilatérale à travers des échanges réguliers et des déplacements officiels de Félix Tshisekedi et de Denis Sassou Nguesso, aussi bien à Kinshasa qu’à Brazzaville.
À l’issue de l’une de ses rencontres avec Denis Sassou Nguesso, Félix Tshisekedi avait présenté son homologue congolais comme celui qu’il appelle affectueusement « son papa et homologue ». Il avait également souligné l’expérience de Denis Sassou Nguesso, qu’il considère comme un sage du continent auprès duquel il est toujours utile de rester proche, au regard de sa longue expérience à la tête de la République du Congo.
Au-delà des relations bilatérales entre les deux États, Denis Sassou Nguesso demeure également attentif à la situation en RDC en période de crise. Sa dernière rencontre avec le cardinal Fridolin Ambongo à Brazzaville en constitue une illustration.
Sur le plan diplomatique, après le départ de Christophe Muzungu, Félix Tshisekedi avait nommé Inzun Kakiak Justin ambassadeur de la RDC en République du Congo. Justin Inzun Kakiak a toutefois été rappelé quelque temps plus tard pour prendre la tête de l’Agence nationale de renseignements (ANR) après la fin des fonctions de Mbelu Biosha à la tête de ce service stratégique de la RDC.
Récemment, Félix Tshisekedi a nommé Roger Bokwala Bompolonga au poste d’ambassadeur de la RDC en République du Congo, à Brazzaville. Cet ancien membre du cabinet de Félix Tshisekedi vient d’entrer en fonction, ce qui témoigne, une nouvelle fois, de l’importance accordée par Kinshasa au maintien de relations étroites avec Brazzaville.
Clément MUAMBA