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CHESD: Félix Tshisekedi fixe cinq priorités pour la deuxième décennie afin de préparer la RDC aux nouveaux défis stratégiques et sécuritaires

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Alors que le Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), établissement d’enseignement supérieur et de formation de niveau stratégique en République démocratique du Congo, célèbre ses dix années d’existence depuis sa création, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, vient de fixer de nouvelles orientations, articulées autour de cinq priorités pour les dix prochaines années, à cet établissement public chargé de dispenser une formation avancée en défense, en sécurité et en études stratégiques, afin de préparer les officiers supérieurs militaires, les responsables de la police et les dirigeants civils à des fonctions de haut niveau dans la prise de décision nationale et internationale.

Le chef de l’État Félix Tshisekedi a donné ces instructions jeudi 20 août 2026 au Palais du Peuple, siège du Parlement congolais, qui a abrité la cérémonie de clôture de l’année académique 2025-2026 et d’ouverture de la session 2026-2027 du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD) et de l’ESAM.

La cérémonie s’est tenue en présence du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et de son homologue burundais, Évariste Ndayishimiye. Les ministres de la Défense de la République du Congo et de la République centrafricaine étaient également présents pour représenter leurs chefs d’État respectifs.

« Pour sa deuxième décennie, je fixe au Collège cinq priorités majeures. La première est celle de la pensée souveraine. Le CHESD doit renforcer la recherche stratégique, contribuer à l’élaboration de notre doctrine nationale de défense et de sécurité, produire des études de référence et mettre à la disposition des décideurs des analyses rigoureuses, objectives et directement mobilisables. Penser par nous-mêmes est la première condition pour décider librement et agir souverainement », a déclaré Félix Tshisekedi dans son discours.

D’après Félix Tshisekedi, la deuxième priorité est celle de l’anticipation. Il estime que le Collège doit se doter d’une capacité permanente de veille stratégique et de prospective fondée sur la maîtrise des données, l’analyse de scénarios, la simulation de crises et l’alerte précoce.

« Dans un monde marqué par l’incertitude et l’accélération des ruptures, l’État ne peut plus se contenter de réagir aux événements. Il doit apprendre à les prévoir, à s’y préparer et, chaque fois que cela est possible, à les infléchir », a-t-il indiqué dans son discours.

Pour le président Félix Tshisekedi, la troisième priorité est celle de la souveraineté numérique et informationnelle. Poursuivant son discours, il a rappelé que la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la maîtrise des données, la communication stratégique, la lutte contre la désinformation et la protection des infrastructures critiques doivent occuper une place centrale dans les programmes de formation et de recherche du CHESD.

« Les batailles contemporaines se livrent aussi dans les réseaux, dans les systèmes d’information et dans les esprits. Nous devons être capables d’y défendre nos intérêts, notre vérité et notre souveraineté », a soutenu Félix Tshisekedi dans son discours.

S’agissant de la quatrième priorité, elle est consacrée à l’ouverture africaine et à la coopération régionale. Selon Félix Tshisekedi, aucune sécurité nationale ne peut être durablement garantie dans une région livrée à l’instabilité.

« Le CHESD doit donc approfondir ses partenariats avec les institutions sœurs, les organisations régionales et les centres africains de recherche. Il doit contribuer à faire émerger des solutions africaines, portées par une intelligence africaine de nos réalités, de nos vulnérabilités et de nos ambitions communes », a-t-il fait savoir dans son discours.

Dans le même registre, Félix Tshisekedi a indiqué que la cinquième priorité, enfin, est celle de l’éthique républicaine. Selon le chef de l’État, la compétence sans intégrité peut devenir un danger.

« La puissance affranchie du droit finit toujours par se retourner contre la Nation. Toute formation stratégique dispensée au sein de ce Collège doit donc être indissociable du sens de l’État, de la fidélité à la Constitution, du respect de la dignité humaine et de la primauté de l’intérêt général », a recommandé Félix Tshisekedi dans son discours.

Pour y parvenir, le chef de l’État Félix Tshisekedi a demandé au gouvernement de la République d’accompagner ces nouvelles priorités afin d’en assurer la matérialisation.

« Je demande au gouvernement et, tout particulièrement, au vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, de traduire ces orientations en actes, d’en assurer le suivi rigoureux et de veiller à ce que le Collège dispose progressivement des ressources humaines, scientifiques, technologiques et matérielles nécessaires à l’accomplissement de sa mission », a recommandé Félix Tshisekedi.

Par la même occasion, Félix Tshisekedi a appelé à ce que le réseau des anciens auditeurs soit pleinement structuré et mobilisé. Selon lui, il ne doit pas être un simple répertoire de diplômés, mais une véritable communauté stratégique au service de l’État.

« Je souhaite également que le réseau des anciens auditeurs soit pleinement structuré et mobilisé. Il ne doit pas être un simple répertoire de diplômés, mais une véritable communauté stratégique au service de l’État. Car le rayonnement d’un Collège de cette envergure se mesure aussi à l’influence de ses anciens, à la qualité des décisions qu’ils inspirent et à leur capacité de servir la paix, la souveraineté et la transformation de la Nation », a ajouté Félix Tshisekedi.

Cette activité intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant pour la République démocratique du Congo, marqué par la persistance des violences armées dans sa partie orientale et par l’évolution des formes de conflictualité sur le continent africain. La situation est notamment caractérisée par la poursuite des offensives du M23, soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux, ainsi que par l’occupation de vastes zones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette situation met davantage en évidence la nécessité, pour la RDC, de renforcer ses capacités de défense, de renseignement, d’anticipation et de réponse aux nouvelles formes de menaces, dans un environnement régional marqué par des enjeux géopolitiques et sécuritaires complexes.

Cette dynamique intervient également dans un contexte où les différentes initiatives diplomatiques et médiations engagées en vue de parvenir à une désescalade et à une solution durable à la crise dans l’Est du pays peinent encore à produire des résultats tangibles sur le terrain. D’où l’importance accordée à la formation des cadres militaires et civils en matière de stratégie, de défense et de sécurité, notamment à travers le Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), appelé à contribuer à la réflexion stratégique et à l’anticipation des défis sécuritaires auxquels la RDC et le continent africain sont confrontés.

Cette activité intervient alors que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) poursuivent un processus de réforme visant à renforcer leurs capacités opérationnelles, leur professionnalisation et leur modernisation, afin de disposer d’une armée capable de défendre efficacement l’intégrité territoriale et les intérêts nationaux.

Clément MUAMBA

 


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