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Haut-Katanga : les analyses d’eau autour de SOMIKA ne montrent pas de dépassement des normes minières

Photo d'illustration

Des analyses physico-chimiques réalisées sur plusieurs échantillons d’eau prélevés dans différents sites proches des installations de la Société Minière du Katanga (SOMIKA) ne révèlent pas de dépassement des seuils présentés comme applicables dans le cadre de la réglementation minière en République démocratique du Congo. Les résultats ont été présentés ce samedi 22 août 2026 par le laboratoire 50 K, en présence de représentants de la société civile, de journalistes et de responsables locaux.

Cette opération intervient dans un contexte marqué par des préoccupations autour d’une présumée pollution des eaux dans la zone, notamment celles liées au lac artificiel de l’Institut national d’étude et de recherche agronomiques (INERA) et aux activités minières de SOMIKA.

Plusieurs prélèvements ont été effectués notamment à Inakiluba, Kipopo, Kasonta et Kibunduka. Un échantillon d’eau potable a également été utilisé comme référence. La collecte et le processus d’analyse se sont déroulés en présence de la presse et de représentants de la société civile.

Selon Yannick Kaniki, superviseur du laboratoire 50 K, les analyses ont porté sur plusieurs paramètres physico-chimiques, notamment le pH, les solides dissous, le calcium, le magnésium, le fer, le zinc, le chrome, le nickel, le cuivre, le cobalt, le cadmium, le plomb, le manganèse, l’aluminium et la turbidité.

Pour le pH, les résultats présentés indiquent une valeur de 8,2 pour l’échantillon prélevé dans la rivière Inakiluba, 7,96 à Kipopo, 7,93 à Kasonta et 8,17 à Kibunduka. L’échantillon d’eau potable utilisé comme référence affichait un pH de 7,06.

Sur la base des paramètres analysés, le laboratoire 50 K conclut à l’absence de dépassement des seuils retenus pour apprécier la qualité des eaux dans le cadre de la réglementation minière.

« Avec les valeurs de pH déjà au-delà de 7, ça prouve à suffisance qu’il n’y a pas présence de l’acide », a expliqué Yannick Kaniki, précisant que les valeurs relevées se situent dans une fourchette allant de 7 à 8 pour les échantillons concernés, ce qui correspond à un milieu neutre à légèrement basique.

SOMIKA invoque les normes du Code minier

À la suite de la présentation des résultats, Patrick Baruti, directeur des ressources humaines et chargé de fiscalité de SOMIKA, a insisté sur la nécessité de se référer aux normes prévues par la législation minière congolaise avant de conclure à une éventuelle pollution.

« Quand on parle de pollution, on parle de la réalité des seuils. Et la norme, ce sont les normes du Code minier. Le Code minier définit les normes pour chaque paramètre », a-t-il rappelé.

Selon lui, pour le fer, le seuil présenté est de 6 mg/l, alors que les résultats obtenus sont restés sous 1 mg/l. Pour le nickel, dont la limite indiquée est de 1 mg/l, les concentrations relevées sont également restées en dessous de ce seuil.

Concernant le plomb, Patrick Baruti indique une limite de 0,5 mg/l, tandis que les échantillons analysés n’auraient pas atteint 0,05 mg/l. Pour le pH, il évoque une norme comprise entre 6 et 9, une fourchette dans laquelle se situent les valeurs relevées lors de cette opération.

La question de l’arsenic reste distincte
SOMIKA précise toutefois que son laboratoire ne réalise pas d’analyses portant sur l’arsenic.

Patrick Baruti affirme néanmoins avoir reçu des résultats provenant d’autres analyses, notamment celles réalisées dans le cadre de travaux communiqués par l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga.

« Nous avons des résultats qui nous ont été communiqués (...) qui prouvent à suffisance que dans nos bassins au niveau de Kwampisha, au niveau de la rivière Kasonta, au niveau de Kibunduka, il n’y a pas d’arsenic », a-t-il affirmé.

Il fait toutefois état d’une concentration de 0,34 mg/l d’arsenic relevée dans le lac artificiel de l’INERA, pour une norme qu’il situe à 0,40 mg/l.

Pour le responsable de SOMIKA, cette concentration ne constituerait pas, à elle seule, un dépassement du seuil évoqué. Il estime néanmoins que la présence de cet élément doit permettre aux autorités compétentes d’en rechercher l’origine.

Présente lors de la collecte et de l’analyse des échantillons, le cadre de concertation de la société civile dit avoir suivi les différentes étapes de l’opération.

Ghislain Kalwa, coordonnateur provincial du Cadre de concertation de la société civile, estime que les résultats présentés sont conformes aux normes applicables aux activités minières.

« Ensemble, nous avons été sur le terrain. Ensemble, nous avons prélevé l’eau. Ensemble, nous avons été au laboratoire. (...) Par rapport à aujourd’hui, le résultat, tel que donné, répond aux normes en la matière », a-t-il déclaré.

Il assure toutefois que la société civile reste disponible pour poursuivre l'etape de sensibilisation des commiu au cas où de nouveaux éléments seraient portés à sa connaissance.

Les journalistes ayant participé à la visite des sites et au processus d’analyse affirment également avoir suivi les différentes étapes, de la collecte des échantillons jusqu’à leur examen au laboratoire.
Narval Mabila explique que les professionnels des médias ont été invités par la société civile afin d’être témoins de la procédure.

« Nous étions témoins du début jusqu’à la fin (...) les résultats que nous venons d’avoir sont dans la norme, selon le Code minier », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette démarche pourrait contribuer à réduire les polémiques autour de la situation du lac artificiel de l’INERA et favoriser le dialogue entre les différentes parties concernées.

Le chef de Kibunduka appelle à se fier aux résultats

Prosper Kayombo Kibunduka, chef du village Kibunduka, affirme avoir assisté à l’ensemble du processus. Après la présentation des résultats, il appelle la population à se fier aux données issues des analyses, tout en signalant toute éventuelle anomalie aux autorités locales.

« Nous avons de bons résultats. La population doit avoir confiance d’abord en la société, la population doit avoir confiance au chef du village. Quand on parle des choses sans preuve, chez moi, je n’ai jamais vu ça », a-t-il déclaré.

Le chef du village affirme par ailleurs ne pas avoir constaté de mortalité de poissons qu’il attribuerait à une éventuelle pollution dans son village.

SOMIKA rejette l’hypothèse d’un déversement d’acide

Au terme de cette mission, les participants ont appelé à privilégier la transparence, la poursuite des contrôles et le dialogue entre SOMIKA et l’INERA, deux voisins directement concernés par la gestion des ressources en eau dans cette zone.
SOMIKA affirme pour sa part fonctionner selon un système en circuit fermé, dans lequel les eaux utilisées dans son processus industriel sont recyclées. L’entreprise rejette ainsi l’hypothèse d’un déversement volontaire d’acide dans l’environnement.
Les résultats présentés lors de cette opération constituent toutefois un état des lieux limité aux échantillons prélevés et aux paramètres analysés. La poursuite des contrôles et la réalisation, au besoin, d’analyses complémentaires pourraient permettre de disposer d’une appréciation plus complète de la qualité des eaux dans la zone.

José Mukendi