La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda veulent renforcer les mécanismes de suivi et de vérification de la mise en œuvre des Accords de Washington sur le terrain. Les deux pays ont convenu de faire progresser deux initiatives destinées à améliorer ce dispositif, à l’issue de la sixième réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS), tenue les 12 et 13 août 2026 à la Mission américaine à Genève, en Suisse.
Comme à l’accoutumée, cette réunion a réuni des représentants de la RDC et du Rwanda, ainsi que des États-Unis, du Qatar, du Togo, en sa qualité de médiateur de l’Union africaine, et de la Commission de l’Union africaine.
Au cœur des discussions figurait la volonté de Kinshasa et de Kigali d’améliorer le suivi de l’application concrète de leurs engagements sécuritaires. Les deux parties ont ainsi convenu de faire progresser deux initiatives visant à renforcer le suivi et la vérification de la mise en œuvre des Accords de Washington sur le terrain.
« La RDC et le Rwanda ont convenu de faire progresser deux initiatives visant à renforcer le suivi et la vérification de la mise en œuvre des Accords de Washington sur le terrain. Les parties ont demandé aux États-Unis d’examiner ces deux initiatives et de faire part de leurs observations lors de la prochaine réunion conjointe du Comité de surveillance et de coordination (JSCM) », renseigne le communiqué final.
Dans la même dynamique, Kinshasa et Kigali ont convenu de tenir, en octobre 2026, une conférence de planification trilatérale. Cette rencontre doit déboucher sur l’élaboration d’un ordre d’opérations révisé, destiné à encadrer les efforts coordonnés des différentes parties dans la mise en œuvre des engagements sécuritaires.
L’objectif est de parvenir à un cadre opérationnel plus clair, permettant notamment de renforcer la coordination entre les acteurs concernés et d’améliorer la compréhension commune des opérations liées à l’application des Accords de Washington.
« La RDC et le Rwanda ont convenu de tenir une conférence de planification trilatérale en octobre 2026, qui aboutira à un ordre d’opérations révisé encadrant leurs efforts coordonnés », ajoute le communiqué final.
Au cours de la même réunion, poursuit le communiqué final, la Commission de l’Union africaine a présenté les résultats de la réunion de haut niveau de l’Union africaine qui s’est tenue à Gaborone, au Botswana, les 24 et 25 juillet 2026. Cette réunion avait notamment permis au panel de facilitateurs de l’Union africaine d’adopter une feuille de route de six mois ainsi qu’un plan d’action opérationnel destinés à faire avancer le processus de paix conduit par l’organisation panafricaine dans l’est de la RDC.
Pour rappel, la deuxième réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité pour l’Accord de paix de Washington, signé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, s’était tenue les 17 et 18 septembre 2025 dans la capitale américaine. Cette rencontre avait réuni des représentants de la RDC et du Rwanda, ainsi que des États-Unis, du Qatar, du Togo, en tant que facilitateur de l’Union africaine, et de la Commission de l’Union africaine. Elle avait pour objectif de faire avancer la mise en œuvre de l’accord de paix signé sous les auspices des États-Unis.
Selon le communiqué du département d’État américain publié le 25 septembre 2025, les membres du JSCM avaient examiné la situation sécuritaire dans l’est de la RDC et échangé des renseignements et des informations afin d’établir une compréhension commune de la situation sur le terrain.
Cette vision partagée avait servi de base à l’élaboration d’une approche par étapes en vue de mettre en œuvre le Concept d’opérations (CONOPS) pour la neutralisation des FDLR et de leurs groupes associés, ainsi que le désengagement des forces et la levée des mesures défensives par le Rwanda.
D’après le communiqué final, les gouvernements de la RDC et du Rwanda avaient réaffirmé leur engagement en faveur de l’objectif final défini dans le CONOPS. Ce Conops comprend notamment l’éradication de la menace des FDLR en RDC, la levée des mesures défensives du Rwanda, le rétablissement de l’autorité de l’État congolais et la restauration de la confiance entre la RDC et le Rwanda.
Au cours de cette réunion de deux jours, les parties avaient négocié un Ordre opérationnel (OPORD) destiné à faire progresser la mise en œuvre du CONOPS. Elles avaient convenu de commencer l’exécution de cet OPORD le 1er octobre 2025. Toutefois, près d’un an plus tard, la mise en œuvre effective de ces engagements demeure un enjeu sur le terrain, ce qui explique la volonté affichée par Kinshasa et Kigali de renforcer les mécanismes de suivi et de vérification.
Malgré la signature de l’accord de Washington, la situation ne semble pas évoluer dans le sens escompté, au regard de la poursuite des hostilités sur le terrain, des accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu et des interprétations divergentes des engagements pris par les deux parties. Ces divergences rendent la mise en œuvre de l’accord particulièrement complexe et alimentent la méfiance entre Kinshasa et Kigali. Pendant ce temps, les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à cette guerre, alors que la situation humanitaire demeure particulièrement préoccupante dans plusieurs zones de l’Est de la République démocratique du Congo.
Clément MUAMBA