Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a appelé le Parlement à adapter le cadre juridique national aux exigences de la justice transitionnelle et le gouvernement à accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale d’appropriation du GENOCOST et de réparation en faveur des victimes des crimes de masse commis en République démocratique du Congo.
Le chef de l’État l’a fait savoir dimanche 2 août 2026, à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale du GENOCOST. Contraction de « Geno », pour génocide, et de « Cost », pour coût en anglais, le terme GENOCOST désigne, dans le discours officiel congolais, les crimes de masse associés à l’exploitation des richesses de la RDC à des fins économiques.
Dans son allocution marquant le quatrième anniversaire de cette journée, Félix Tshisekedi a demandé au Parlement de finaliser les textes destinés à renforcer le cadre juridique relatif à la justice transitionnelle, à la protection du patrimoine mémoriel et à la lutte contre le négationnisme et la falsification de l’histoire.
Il a également instruit le gouvernement de poursuivre la mise en œuvre de la stratégie nationale d’appropriation du GENOCOST et du plaidoyer en faveur des victimes, en lui garantissant les moyens nécessaires dès le prochain exercice budgétaire.
« J’invite le Parlement à finaliser les textes nécessaires afin de mieux adapter notre cadre juridique aux exigences de la justice transitionnelle, à la protection de notre patrimoine mémoriel et à la lutte contre le négationnisme, la falsification de l’histoire ainsi que le discours qui banalise, prépare ou justifie les violences de masse », a déclaré Félix Tshisekedi.
Des mécanismes de suivi renforcés
Le président de la République a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une gouvernance rigoureuse de la stratégie nationale. Il a demandé la pleine opérationnalisation des mécanismes de suivi et d’évaluation afin de mesurer régulièrement les résultats et de clarifier les responsabilités des différentes institutions.
Selon lui, cette stratégie doit servir de cadre de référence pour les politiques de mémoire, de reconnaissance, de justice et de réparation.
Félix Tshisekedi a également salué le travail des acteurs engagés dans le processus de réparation, notamment ceux qui recueillent les témoignages des survivants, documentent les crimes et accompagnent les familles.
« Les réparations ne sont ni une faveur ni un acte de charité »
Abordant la question des réparations, le chef de l’État a insisté sur leur caractère impératif. Il a appelé les institutions concernées à garantir des réparations efficaces, transparentes, équitables et proches des victimes.
« Les réparations ne sont ni une faveur ni un acte de charité publique. Elles constituent une obligation de justice, une expression concrète de la solidarité nationale et une étape indispensable dans la restauration de la dignité des victimes », a insisté Félix Tshisekedi.
Pour le président congolais, les mécanismes de réparation doivent répondre aux besoins réels des victimes et produire des effets concrets et durables dans leur vie.
Le Musée national du GENOCOST entre dans sa phase de concrétisation
Félix Tshisekedi a également fait du devoir de mémoire un axe majeur de son intervention. Selon lui, celui-ci doit se traduire par des politiques publiques durables, des institutions solides, une recherche indépendante et une transmission organisée aux générations futures.
Dans cette perspective, il a annoncé l’entrée dans sa phase de concrétisation du projet de Musée national du GENOCOST, dévoilé lors de la commémoration du 2 août 2025.
« Un an plus tard, cet engagement entre dans sa phase de concrétisation. Les études préparatoires sont engagées et les travaux de conception progressent », a révélé le chef de l’État.
Selon Félix Tshisekedi, ce musée aura notamment pour mission de conserver les archives, témoignages, preuves matérielles et travaux scientifiques relatifs aux crimes internationaux commis en RDC. Il devra également servir de lieu de recueillement pour les victimes et leurs familles, de centre de référence pour les chercheurs et d’outil pédagogique destiné aux jeunes générations.
Le président de la République a demandé au gouvernement et aux structures techniques compétentes de poursuivre la réalisation de cette infrastructure en associant les institutions scientifiques, universitaires et culturelles ainsi que les représentants des victimes.
Il ambitionne d’en faire une institution de référence en Afrique et dans le monde, répondant aux standards scientifiques, muséographiques, architecturaux et technologiques les plus exigeants.
La Journée nationale du GENOCOST vise à honorer la mémoire des victimes des crimes commis en République démocratique du Congo, à préserver leur souvenir et à réaffirmer l’engagement de l’État à prévenir la répétition de telles tragédies.
Instituée par le gouvernement, cette journée du 2 août rend hommage, selon les autorités, aux millions de Congolais morts dans les guerres et autres conflits armés qui ont endeuillé le pays au cours des dernières décennies. Elle entend également rappeler les atrocités commises en RDC et le lien établi par les autorités entre ces violences et l’exploitation illicite des ressources naturelles du pays.
Clément MUAMBA