Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est recueilli, dimanche 2 août 2026, au Mémorial du GENOCOST à Kinshasa, en présence de rescapés, de membres du gouvernement et de plusieurs autres personnalités, à l’occasion de la Journée nationale du GENOCOST.
Contraction de « Geno » (génocide) et de « Cost » (coût, en anglais), le terme GENOCOST désigne, dans le discours officiel congolais, les crimes de masse associés à l’exploitation des richesses de la République démocratique du Congo à des fins économiques.
Instituée par le gouvernement il y a quatre ans, cette journée est consacrée à la mémoire des millions de Congolais ayant perdu la vie dans les guerres et conflits armés qui ont frappé le pays au cours des dernières décennies. À travers cette commémoration, les autorités entendent préserver le souvenir des atrocités commises en RDC et rappeler que ces crimes, notamment liés à l’exploitation illégale des ressources naturelles, ne doivent pas tomber dans l’oubli.
À cette occasion, Félix Tshisekedi a réaffirmé son attachement à la paix dans l’est de la RDC, tout en prévenant que la recherche d’une solution pacifique ne devait pas être interprétée comme un signe de faiblesse ou de renoncement.
« Notre volonté de paix n’est ni une faiblesse ni un renoncement. Le peuple congolais a le droit de vivre libre, en sécurité, dans l’unité de sa patrie et dans la pleine maîtrise de son destin. Ce droit est imprescriptible. Il n’est ni négociable ni révocable », a déclaré le chef de l’État.
Félix Tshisekedi a également estimé que le devoir de mémoire et la défense de la souveraineté nationale reposaient sur une même exigence : protéger les populations, établir la vérité, rendre justice et garantir au peuple congolais une paix durable.
Tshisekedi dénonce la persistance des violences dans l’Est
Le président de la République a par ailleurs souligné le caractère particulier de cette commémoration, alors que les violences se poursuivent dans l’est du pays.
« Alors que la Nation se recueille en mémoire de celles et ceux qui furent arrachés à la vie, d’autres familles congolaises subissent encore les massacres, les violences sexuelles, les déplacements forcés, le pillage de leurs ressources et l’accaparement de leurs terres », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a de nouveau accusé le Rwanda de soutenir l’AFC/M23 et dénoncé l’occupation de plusieurs territoires dans l’est de la RDC.
Selon lui, cette situation relève d’une logique de conquête et de prédation portant atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC.
« Cette entreprise meurtrière, fondée sur une logique de conquête et de prédation, viole notre souveraineté, menace notre intégrité territoriale et bafoue le droit du peuple congolais à vivre libre et en paix sur la terre de ses ancêtres », a affirmé Félix Tshisekedi.
Il a assuré les victimes et leurs familles de la détermination des autorités à défendre leur droit à la vérité, à la justice, à la réparation et à la sécurité.
La mémoire comme responsabilité envers l’avenir
Félix Tshisekedi a également fait de la mémoire un élément central de la politique nationale. Selon lui, elle ne doit pas seulement servir à regarder le passé, mais doit permettre de prévenir la répétition des atrocités.
« La mémoire ne saurait être un simple regard porté sur le passé. Elle est une exigence du présent et une responsabilité envers l’avenir », a-t-il indiqué.
Le chef de l’État a appelé à lutter contre la banalisation de la violence, la haine, la falsification de l’histoire, la manipulation de l’information ainsi que l’impunité.
La date du 2 août, qui marque le début de la deuxième guerre du Congo en 1998, a été retenue comme Journée nationale de commémoration des victimes des violences massives ayant endeuillé le pays au cours des dernières décennies, ainsi que d’hommage à celles et ceux qui leur ont porté assistance.
Cette consécration trouve son fondement dans l’article 28 de la loi du 26 décembre 2022 fixant les principes fondamentaux relatifs à la protection et à la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits ainsi que des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité.
La même loi a institué la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR) ainsi que le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV). Ces deux structures constituent des acteurs majeurs de la politique de mémoire, de réparation et de justice transitionnelle en RDC.
Clément MUAMBA