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GENOCOST : « Tant qu’il restera une victime sans justice, une famille sans réponse ou une communauté sans réparation, notre travail ne sera pas terminé » (Patrick Fata)

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À l’occasion de la Journée nationale du GENOCOST, célébrée dimanche 2 août 2026 en République démocratique du Congo, le directeur général du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), Patrick Fata Makunga, a appelé à une responsabilité collective face à l’histoire douloureuse du pays, marquée par des décennies de conflits et de violences dans l’est de la RDC.

La cérémonie, organisée en présence du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi que de plusieurs responsables gouvernementaux, politiques et judiciaires, était placée sous le thème : « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? »

Pour Patrick Fata Makunga, cette question résume l’enjeu de la commémoration : faire de la mémoire des victimes un engagement concret en faveur de la justice et de la réparation.

« Se souvenir est un devoir, agir est une obligation »

Le directeur général du FONAREV estime que la mémoire ne doit pas se limiter à un exercice symbolique. Elle doit, selon lui, déboucher sur des actions concrètes en faveur des victimes.

« La mémoire n’a de sens que si elle produit une responsabilité. Se souvenir est un devoir, agir est une obligation », a déclaré Patrick Fata Makunga.

Il a rappelé que la création du FONAREV répondait à la volonté de placer les victimes au cœur de l’action publique et de mettre en place un mécanisme national de réparation.

Selon lui, malgré les avancées enregistrées, notamment dans l’identification des victimes, les défis restent considérables.

« Le chemin reste immense. Les attentes sont immenses. Les besoins sont immenses. [...] Tant qu’il restera une victime sans justice, une famille sans réponse ou une communauté sans réparation, notre travail ne sera pas terminé », a-t-il affirmé.

Patrick Fata Makunga a également rendu hommage aux agents du FONAREV ainsi qu’aux enquêteurs, professionnels de santé, psychologues, juristes et assistants sociaux qui accompagnent les victimes. Il a salué, dans le même temps, l’appui des partenaires nationaux et internationaux, des agences des Nations unies, de la société civile et des associations de victimes.

« Aujourd’hui, personne ne peut plus invoquer l’ignorance »

Dans son discours, le responsable du FONAREV a également insisté sur la nécessité de documenter les crimes commis en RDC et de préserver leur mémoire.

Selon lui, l’ampleur des rapports, témoignages et autres éléments disponibles ne permet plus à la communauté nationale ou internationale de prétendre ignorer les violences subies par les populations congolaises.

« Pendant longtemps, certains pouvaient dire qu’ils ne savaient pas. Aujourd’hui, personne ne peut plus invoquer l’ignorance. [...] La question est désormais celle de notre responsabilité collective. Maintenant que vous savez, que ferez-vous ? », s’est-il interrogé.

Revenant sur les violences qui continuent de frapper les populations dans l’est du pays, Patrick Fata Makunga a relayé une préoccupation attribuée au chef de l’État concernant le silence de la communauté internationale face aux souffrances des Congolais.

Il a notamment dénoncé l’indifférence qui, selon lui, entoure certaines tragédies humaines et rappelé que la connaissance des faits devait conduire à l’action.

De la mémoire à la réparation

S’appuyant sur la pensée de l’écrivain et prix Nobel de la paix Elie Wiesel, le directeur général du FONAREV a insisté sur les risques liés à l’oubli.

Pour lui, la reconnaissance de la souffrance constitue la première étape vers la justice, laquelle doit ensuite se traduire par des mécanismes de réparation.

« La justice commence toujours par la reconnaissance de la souffrance. Elle se poursuit par la vérité. Elle se matérialise enfin par la réparation », a-t-il souligné.

La Journée nationale du GENOCOST vise ainsi à honorer la mémoire des victimes des crimes commis en République démocratique du Congo, à préserver leur souvenir et à réaffirmer l’engagement à prévenir la répétition de telles tragédies.

Contraction de « Geno », pour génocide, et de « Cost », qui signifie « coût » en anglais, le terme GENOCOST désigne, dans le discours officiel congolais, les crimes de masse associés à l’exploitation des richesses du pays à des fins économiques.

Instituée par le gouvernement, cette journée rend hommage, selon les autorités, aux millions de Congolais morts dans les guerres et autres conflits armés qui ont endeuillé le pays au cours des dernières décennies. Elle vise également à préserver la mémoire des victimes et à rappeler les atrocités commises en RDC, notamment celles liées à l’exploitation illicite des ressources naturelles.

Le 2 août, date retenue pour cette commémoration, marque le début de la deuxième guerre du Congo en 1998. La Journée nationale de commémoration des victimes des violences massives et d’hommage à celles et ceux qui leur ont porté assistance trouve son fondement dans l’article 28 de la loi du 26 décembre 2022 relative à la protection et à la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits ainsi que des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité.

La même loi a institué la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR) et le FONAREV. Ces deux structures jouent aujourd’hui un rôle central dans la mise en œuvre de la politique nationale de mémoire, de réparation et de justice transitionnelle en faveur des victimes.

Clément MUAMBA