Nommé début juin 2026 par Ordonnance présidentielle, cela fait exactement 100 jours que Juan Ted Beleshayi Kasanda est à la tête de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), insufflant un nouveau souffle à cet établissement stratégique chargé de la gestion de la sous-traitance en RDC, grâce notamment à son profil issu du monde de l’audit et du contrôle des finances publiques. Remplaçant de Miguel Kashal Katemb, Ted Beleshayi, a présenté, jeudi 1er octobre à Kinshasa, le bilan de ses 100 premiers jours à la tête de cet établissement. La modernisation administrative, l’assainissement financier et l’accompagnement des entreprises congolaises ont constitué les principales orientations de cette première étape de son mandat.
Le directeur général affirme avoir inscrit son action autour de trois axes : réformer, moderniser et réguler. L’institution a ainsi engagé la dématérialisation de l’enregistrement, le déploiement de la télédéclaration et la modernisation de ses outils informatiques. Ces démarches visent à simplifier les formalités pour les entreprises et à améliorer le suivi des activités.
En interne, l’audit des engagements financiers et la rationalisation des dépenses accompagnent une réorganisation des services. La clarification des responsabilités et l’élaboration de fiches de poste doivent également contribuer à rendre le travail des équipes plus efficace.
« Chaque décision prise a été guidée par un devoir résumé en deux mots forts : l’intégrité et l’équité », a souligné Ted Beleshayi.
Renforcer les contrôles
La relance des contrôles constitue un autre chantier de la nouvelle direction. Selon cet établissement public, elle s’accompagne d’un renforcement des compétences des inspecteurs afin de mieux identifier les irrégularités et de suivre les mesures correctives.
« Réguler ne signifie pas contrôler pour le plaisir de contrôler, mais plutôt faire respecter la loi et corriger durablement les trajectoires. La régulation doit servir de levier de croissance », a expliqué M. Beleshayi.
Cette orientation place les entreprises à capitaux majoritairement congolais au centre de l’action du régulateur. « Notre ambition absolue est de propulser les entreprises congolaises afin qu’elles saisissent les opportunités, exécutent leurs marchés et grandissent », a-t-il souligné.
Pour soutenir cette ambition, l’ARSP a engagé des échanges avec les banques et le Fonds de promotion de l’industrie. Le projet Vunga II de Rawbank figure parmi les mécanismes cités. L’objectif est notamment de répondre aux besoins en fonds de roulement des entreprises, en leur permettant de financer leurs fournitures et les salaires avant le paiement de leurs prestations.
Les rencontres avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC), le 11 septembre, puis avec l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), le 22 septembre, complètent cette démarche. Elles ont porté respectivement sur le dialogue avec le secteur privé et la coordination des travaux liés à l’application du contenu local.
L’ARSP entend ainsi faire de ce cadre un instrument de création d’emplois, de transfert de compétences et de valorisation de la valeur ajoutée nationale. Elle prévoit également d’intensifier la numérisation, les contrôles et son déploiement territorial. « Ces cent premiers jours ne sont pas un aboutissement, mais une fondation », a insisté le DG.
Contrôles renforcés dans le secteur minier
Dans le secteur minier, les données communiquées montrent également un aperçu de l’ampleur des interventions de l’ARSP. Dans trois filiales d’ERG, 128 inscriptions de sous-traitants non éligibles ont été recensées : 77 chez Frontier, 28 chez Boss Mining et 23 chez Metalkol. Frontier concentre ainsi environ 60 % de cet ensemble.
« Trois sociétés du groupe Ivanhoe sont, elles, visées par des injonctions portant sur 140 contrats. À Sicomines, six prestataires concernés représentent 80 % du chiffre d’affaires de la sous-traitance, soit quatre cinquièmes. Ces chiffres mesurent les corrections exigées ; les marchés effectivement réattribués aux entreprises congolaises restent à documenter ».
Un établissement au service du contenu local
L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) est un établissement public créé par le décret n° 18/019, tel que modifié et complété par le décret n° 20/025 du 12 octobre 2020. Elle a pour objectif de réglementer les activités de sous-traitance commandées par des entreprises privées donneuses d’ordre opérant dans les différents secteurs de l’économie nationale.
Sa mission consiste notamment à planifier, contrôler, concevoir et proposer des réformes en matière de sous-traitance dans le secteur privé. L’ARSP est ainsi chargée de la conception, de la mise en œuvre et du suivi des politiques nationales et sectorielles, ainsi que des contrats liés à la réalisation des objectifs de réglementation des activités de sous-traitance dans le secteur privé.
Dans son rôle de régulateur, l’ARSP constitue un outil du gouvernement de la République dans la mise en œuvre de sa politique de diversification de l’économie nationale et de création de conditions favorables à l’émergence d’une véritable classe moyenne d’entrepreneurs congolais.
L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) est ainsi présentée par sa nouvelle direction comme l’un des instruments privilégiés pour concrétiser la vision du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi en faveur de l’indépendance économique du pays
Selon Ted Beleshayi, sa mission est notamment de garantir aux entreprises à capitaux majoritairement congolais l’accès aux marchés de la sous-traitance, afin de contribuer à la création de richesses et d’emplois durables pour la population
Clément MUAMBA