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Lancement d’un processus compétitif de sélection des mandataires publics : vers la dépolitisation des entreprises publiques ?

Ministère Portefeuille

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé le lancement, à dater du jeudi 30 juillet, d’un processus compétitif de sélection des mandataires publics pour seulement 15 entreprises du portefeuille de l’État. 

Le communiqué du ministère du portefeuille qui l'annonce indique qu’il s’agit là de la volonté du gouvernement de mettre en avant le mérite, la transparence, l’équité et l’égalité des chances, comme ce mécanisme même de désignation des mandataires publics, au détriment des quotas politiques. L’objectif : « doter les entreprises du portefeuille de dirigeants compétents et de renforcer durablement leur gouvernance et leur performance ». 

Le texte du document souligne l’ambition du ministère de procéder, par cette initiative, à l’identification et à la sélection de meilleurs profils, et de  garantir l'égalité des chances entre les candidats, de favoriser une représentation accrue des femmes au sein des instances dirigeantes des entreprises publiques et de  contribuer au renforcement de leur performance ainsi que de leur capacité à créer durablement de la valeur au service de la nation ».

« Le lancement de ce processus constitue une étape majeure dans la mise en œuvre de la réforme des entreprises du Portefeuille de l’État. Il réaffirme l’engagement du Gouvernement à promouvoir une gouvernance des entreprises publiques plus performante, plus responsable et davantage orientée vers la création de valeur au bénéfice de l’intérêt général et du développement de la RDC », peut-on lire.

Vers la dépolitisation des entreprises publiques ?

Depuis Mobutu, deuxième président de la RDC, qui a fait un règne sans partage de 32 ans à la tête du pays, les entreprises et établissements publics souffrent d’une main experte en raison notamment de leur politisation au prorata des quotas des partis politiques de la majorité au pouvoir.  C’est ainsi que, plus de 60 ans après l’indépendance, plusieurs  entreprises du portefeuille de l’État n’ont pas fait des progrès réels. La plupart de leurs mandataires, dépourvus des compétences, traînent aujourd'hui des casseroles ; d’autres même ont été déférés devant la justice pour gestion défaillante, détournement, malversation financière, gabegie et autres fautes de gestion. La Zaïrianisation, intervenue en 1973, est, d'après plusieurs historiens, l'événement charnière de ce phénomène dont le pays fait les frais.

Ce nouveau vent qui tend à souffler dans ce secteur pourrait, si la sélection rigoureuse annoncée est de mise, changer la donne de la gestion des entreprises du portefeuille de l’État, chapeautées, en majorité, par des membres des formations politiques. Car leurs bénéfices doivent améliorer la vie de tous les Congolais, et non d’une poignée seulement.

Samyr LUKOMBO