Plusieurs dizaines de militants de la Coalition de l’article 64 (C64), interpellés lors de la mobilisation du 15 septembre dans le Haut-Katanga, au sud-est du pays, ont été libérés. L’annonce a été faite jeudi par Aubin Kasongo, responsable de l’Envol de Delly Sessanga dans la province et porte-parole de la C64 dans la région.
Selon Aubin Kasongo, une cinquantaine de manifestants ont été libérés à Lubumbashi, 19 à Likasi et 20 autres à Kasumbalesa. Il affirme que ces libérations sont intervenues après des démarches entreprises par les responsables de la coalition auprès des autorités.
« On a libéré une cinquantaine de manifestants à Lubumbashi, 19 à Likasi et 20 pour la ville de Kasumbalesa. La coalition a pesé et est allée en lobbying pour que ces camarades soient libérés », a expliqué Aubin Kasongo.
Ce bilan intervient deux jours après la mobilisation de la C64 contre toute initiative de changement de la Constitution. À Lubumbashi, la manifestation n’avait pas pu se tenir comme prévu, les forces de sécurité ayant dispersé les militants rassemblés notamment autour du Square Forrest et d’autres points de rassemblement.
Le nombre des personnes interpellées a toutefois varié selon les sources. Le ministre provincial de l’Intérieur, Jean-Jacques Kashiba, avait confirmé des arrestations dans le contexte de l’interdiction des manifestations. Le 17 septembre, il a indiqué que plus de 70 personnes détenues au Centre de coordination des opérations (CCO) avaient été libérées.
Une vingtaine de blessés pris en charge
Au-delà des arrestations, la C64 fait également état de plusieurs blessés à Lubumbashi à la suite des incidents ayant entouré la mobilisation.
« Nous avons en même temps une vingtaine de blessés qui sont suivis et pris en charge ici à Lubumbashi », a déclaré Aubin Kasongo, précisant que leur état de santé évoluait.
Selon lui, une femme parmi les personnes prises en charge se trouve toutefois dans un état critique. Les organisateurs avaient déjà fait état de blessés au lendemain de la manifestation. Des sources locales avaient notamment rapporté plusieurs personnes blessées après la dispersion des rassemblements.
La C64 maintient ses revendications
La mobilisation du 15 septembre a été organisée par la C64 dans plusieurs villes du pays pour contester toute initiative visant, selon la coalition, à modifier ou changer la Constitution. Dans le Haut-Katanga, les autorités avaient interdit les manifestations publiques, notamment à Lubumbashi, où la mairie avait maintenu cette interdiction avant le rendez-vous du 15 septembre.
Malgré cette interdiction, la coalition avait maintenu son appel à manifester, estimant que la liberté de manifestation était garantie par la Constitution. La journée s’est finalement soldée par la dispersion des rassemblements et des interpellations dans plusieurs villes.
José Mukendi