La colère des prestataires engagés dans la riposte contre la maladie à virus Ebola ne faiblit pas en Ituri. Ce jeudi, des hygiénistes affectés au Centre de traitement Ebola (CTE) de Bunia ont organisé une manifestation pour dénoncer plus d'un mois d'arriérés de primes, menaçant de suspendre leurs activités si leur situation n'est pas rapidement régularisée. Cette nouvelle mobilisation intervient alors que le ministre de la Santé publique, le Dr Roger Kamba, est en mission dans la province pour évaluer l'évolution de la riposte.
Munis de pancartes et scandant des slogans, les manifestants ont dénoncé des conditions de travail qu'ils jugent incompatibles avec les risques auxquels ils sont quotidiennement exposés dans la prise en charge des patients atteints d'Ebola.
« Nous sommes en première ligne contre cette épidémie, mais cela fait plus d'un mois que nous travaillons sans être payés. Nous ne refusons pas de sauver des vies, mais nous demandons simplement que nos droits soient respectés. Si rien n'est fait, nous serons contraints de suspendre notre travail », ont déclaré les manifestants.
Il s'agit de la troisième mobilisation en quelques jours après celles enregistrées à l'hôpital général de Bunia et à l'hôpital général de Rwampara, où plusieurs équipes de la riposte ont déjà dénoncé les retards de paiement de leurs primes.
Réagissant à cette crise, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a annoncé une réforme du système de paiement afin de mettre fin aux dysfonctionnements dénoncés par les prestataires.
« Nous avons décidé que tous les intervenants de la riposte seront désormais payés par cartes bancaires. Cette mesure sera mise en œuvre après l'assainissement du fichier des bénéficiaires afin de garantir que chacun perçoive directement ce qui lui revient », a déclaré le ministre.
La matérialisation de cette annonce est très attendue par les équipes de terrain, qui réclament depuis plusieurs semaines davantage de transparence dans la gestion des primes et une meilleure reconnaissance de leur travail.
Alors que les autorités promettent un assainissement du système de paiement, les agents mobilisés dans la lutte contre Ebola attendent désormais des actes concrets. Plusieurs d'entre eux estiment que seule une régularisation rapide de leurs primes permettra d'éviter une paralysie des activités de riposte dans une province qui demeure l'épicentre de la 17ᵉ épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo.
La visite du ministre intervient dans un contexte particulièrement délicat. Outre les mouvements de contestation des prestataires, l'épidémie poursuit sa progression avec l'apparition de nouveaux foyers en dehors de l'Ituri, renforçant les inquiétudes sur la capacité de la riposte à maintenir son efficacité.
Freddy Upar, à Bunia