Lutte contre la corruption en RDC: le gouvernement et le secteur privé renforcent leur collaboration, 75 % des recommandations intégrées au projet de loi

Photo d'illustration
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Le ministère de la Justice et Garde des Sceaux, le Pacte mondial des Nations unies en République démocratique du Congo (UN Global Compact) et les acteurs du secteur privé ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur collaboration dans la lutte contre la corruption. Cet engagement a été réitéré mardi 7 juillet 2026 à Kinshasa, capitale de la RDC, lors d’une rencontre avec le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa à Kinshasa, capitale de la RDC

Cette rencontre intervient quelques jours après l’adoption, en Conseil des ministres, du projet de loi portant lutte contre la corruption. Selon la cellule de communication du ministère de la Justice, les discussions ont notamment porté sur les dernières évolutions du texte, les ajustements techniques apportés ainsi que les prochaines étapes, parmi lesquelles sa vulgarisation auprès des différentes parties prenantes.

Jessica Webe, directrice exécutive du UN Global Compact Network RDC, qui œuvre à mobiliser le secteur privé autour des pratiques commerciales responsables et des Objectifs de développement durable (ODD), a salué les avancées enregistrées dans l’élaboration de ce projet de loi. Elle a indiqué qu’environ 75 % des recommandations formulées par la commission anti-corruption de l’organisation avaient été intégrées dans le texte, à l’issue de plusieurs mois de concertation avec le ministère de la Justice.

Pour sa part, le directeur général adjoint d’Equity BCDC, Hugues Boketsu Efole, dont l’institution assure la présidence tournante de la commission anti-corruption du Pacte mondial des Nations unies, a réaffirmé l’engagement du secteur privé à accompagner cette réforme. Selon lui, cette démarche vise à contribuer au renforcement de la confiance dans les institutions publiques, les entreprises et à l’amélioration du climat des affaires.

Dans le même cadre, les parties prenantes ont annoncé la mise en place prochaine d’un programme de sensibilisation destiné aux entreprises et aux organisations de la société civile, afin de favoriser une meilleure appropriation du texte et une application effective de la future loi.

Adopté le 26 juin dernier en Conseil des ministres présidé par le chef de l’État, le projet de loi vise à moderniser le cadre juridique congolais de lutte contre la corruption. Il repose notamment sur quatre axes majeurs : la prévention, la protection, la répression et les procédures judiciaires.

Le texte prévoit également des dispositions relatives à la coopération internationale, au recouvrement des avoirs issus d’activités illicites ainsi qu’à l’obligation pour les entreprises de mettre en place des mécanismes internes de prévention et de lutte contre la corruption.

La République démocratique du Congo est régulièrement classée parmi les pays les plus affectés par la corruption et figure depuis plusieurs années parmi les derniers rangs de l’Indice de perception de la corruption (IPC). Cette réforme ouvre ainsi une nouvelle étape dans le renforcement de l’arsenal juridique national consacré à la lutte contre ce phénomène.

À travers cette initiative, le gouvernement entend moderniser le cadre légal congolais et renforcer les instruments de transparence, de responsabilité et de bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques et privées. Après son adoption par le gouvernement, le projet de loi sera transmis au Parlement pour examen. Il devra ensuite être adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat avant sa promulgation par le président de la République.

Depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, plusieurs initiatives ont été engagées dans ce domaine, notamment la redynamisation de l’Inspection générale des finances (IGF), de la Cour des comptes et d’autres structures de contrôle de l’État. Toutefois, plusieurs observateurs estiment que ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur du phénomène. Des organisations de la société civile ainsi que des experts des questions économiques et financières continuent d’appeler à l’adoption d’un cadre légal spécifique et plus contraignant pour renforcer durablement la lutte contre la corruption en RDC

À relire :

https://actualite.cd/index.php/2026/06/28/rdc-le-gouvernement-adopte-le-projet-de-loi-portant-lutte-contre-la-corruption

Clément MUAMBA