Burundi: défense de l'ordre constitutionnel, paix et élections au cœur du canevas de la coalition C64 à présenter à Évariste Ndayishimiye

Sesanga, Fayulu et Kabund
Sesanga, Fayulu et Kabund

Le président du Burundi et président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye, entame ce lundi 6 juillet 2026, à Bujumbura, des consultations avec des acteurs politiques congolais réunis au sein de la coalition C64 ainsi qu'avec des représentants des confessions religieuses. Au menu des échanges figurent la situation sociopolitique et sécuritaire en République démocratique du Congo, marquée notamment par de vastes manifestations contre un projet de changement de la Constitution en vue d'un éventuel nouveau mandat de Félix Tshisekedi, à deux ans de la fin de son second et dernier mandat.

Se confiant à ACTUALITE.CD à la veille de cette rencontre, l'un des membres de la coalition C64 a indiqué que le message de son organisation à l'endroit d'Évariste Ndayishimiye portera sur la défense de l'ordre constitutionnel, la paix et l'organisation des élections. Il entend également rappeler au président burundais les propos qu'il avait tenus à l'attention de la classe socio-politique congolaise lors de sa visite d'État de 48 heures à Kinshasa.

« Notre message sera de rappeler l'objet même de la C64. C'est de défendre l'intégrité constitutionnelle. La C64 est la coalition de l'article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel. Nous voulons que le pays puisse organiser des élections. Ce que nous voulons avant tout, c'est la paix dans notre pays. Comme il est le président en exercice de l'Union africaine, nous souhaitons qu'il puisse voir comment appliquer la résolution 2773. Pour qu'il y ait la paix, il faut la cohésion nationale. Lui-même l'avait dit lorsqu'il était venu à Kinshasa : lorsqu'un pays traverse une situation difficile, l'unité doit être la priorité des priorités » a-t-il déclaré à ACTUALITE.CD

Interrogé sur l'origine de cette rencontre, notamment si elle faisait suite à une sollicitation de la C64, ce responsable de l'opposition a précisé qu'il s'agissait d'une invitation des autorités burundaises.

« Non, c'est sur son invitation. Nous avons reçu des invitations. C'est son directeur de cabinet qui nous a contactés. C'est ainsi que nous avons organisé une réunion de la C64 pour décider si nous maintenions notre activité du 8 juillet 2026 ou si nous la reportions. Le débat a été houleux, mais la majorité a estimé qu'il valait mieux la reporter » a-t-il réagi. 

Qu’est-ce que C64 attend de cette rencontre? « C'est ce que nous allons écouter. Il a dit qu'il voulait nous recevoir au regard de la situation politique et sécuritaire du pays. Il estime qu'il existe des inquiétudes et qu'il est important que nous puissions nous rencontrer et discuter. Nous allons donc l'entendre, l'écouter et voir ce qu'il aura à nous dire », a répondu l’opposant. 

Initialement prévue le mercredi 8 juillet 2026, la manifestation de la coalition Article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel (C64) a été reportée au mercredi 22 juillet 2026. La mobilisation devait se tenir à Kinshasa ainsi que dans d'autres villes du pays, avec comme point de chute, dans la capitale, le Palais de la Nation, bureau officiel du président de la République. Cette manifestation s'inscrit dans le cadre de la contestation contre un projet de révision de la Constitution en vue d'un éventuel nouveau mandat du président Félix Tshisekedi.

La coalition explique ce report par l'invitation officielle adressée à ses dirigeants par le président burundais et président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye, dans le cadre de consultations consacrées à la situation politique, sécuritaire et institutionnelle en République démocratique du Congo. Composée notamment de Martin Fayulu, Delly Sesanga, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund et d'autres personnalités, la C64 affirme avoir accepté cette invitation dans un esprit de responsabilité.

Convaincue que toute initiative susceptible de contribuer à la préservation de l'ordre constitutionnel mérite d'être explorée, la coalition indique qu'elle profitera de cette rencontre pour présenter, « avec clarté et fermeté », les préoccupations du peuple congolais ainsi que les menaces qui pèsent, selon elle, sur la démocratie et la stabilité de la République démocratique du Congo.

Avant cette invitation officielle, Évariste Ndayishimiye avait, lors de sa récente visite d'État de 48 heures à Kinshasa, insisté sur l'importance de la stabilité des institutions congolaises et de l'unité nationale face aux défis sécuritaires persistants dans l'est du pays. Aux côtés du président Félix Tshisekedi, il avait appelé les Congolais à préserver leur cohésion nationale et à surmonter leurs divergences.

Le chef de l'État burundais avait exhorté les différentes composantes de la société congolaise à privilégier le dialogue et à renforcer la cohésion nationale. Il avait également salué l'ouverture au dialogue de Félix Tshisekedi et réaffirmé sa disponibilité à accompagner toute initiative visant à préserver la stabilité de la République démocratique du Congo

Clément MUAMBA