Constitution congolaise : Germain Kambinga évoque cinq scénarios possibles, tous fatals au texte de 2006

La Constitution de la RDC/Ph. droits tiers

Invité du Space en direct organisé dimanche par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Germain Kambinga a livré une analyse tranchée sur l'avenir de la Constitution congolaise de 2006, qu'il juge d'ores et déjà condamnée. « Cette constitution est déjà morte en réalité. Elle n'a plus aucune chance d'exister dans les dix prochaines années », a-t-il affirmé, qualifiant le débat actuel de « lunaire ».

Selon lui, seuls cinq scénarios sont envisageables pour l'avenir institutionnel du pays, et aucun ne garantit la survie du texte actuel. Le premier verrait une victoire militaire de Kinshasa face à la rébellion soutenue par le Rwanda, un succès qui, selon Germain Kambinga, déboucherait malgré tout sur un changement de constitution, le camp au pouvoir ayant « déjà décidé de changer ».

Le deuxième scénario, inverse, serait celui d'une victoire du Rwanda et de l'AFC/M23, qui imposerait selon lui un acte transitoire avant l'adoption d'une constitution nouvelle, faute de précédent historique de prise de pouvoir armée maintenant en vigueur le texte préexistant.

Le troisième scénario évoqué est celui d'un dialogue politique inclusif, à l'image des Accords de Sun City, qui aboutirait selon lui à un partage des postes et à un acte constitutionnel de transition, la Constitution de 2006 ne pouvant, selon lui, « résister à un dialogue global et inclusif ». Le quatrième scénario est celui du statu quo actuel, avec le maintien de zones sous contrôle des groupes armés, une situation qui, à long terme, ouvrirait la voie selon lui à des velléités d'autodétermination, voire à la « balkanisation » du pays. 

Enfin, le cinquième scénario serait celui d'un coup d'État à Kinshasa, résultant de l'enlisement de la crise, qui entraînerait la mise en place d'un nouvel acte de transition.

« Sorti de ces cinq schémas-là, je ne vois pas d'avenir à cette constitution », a conclu Germain Kambinga, estimant que seul un choix délibéré du pouvoir actuel de la maintenir pourrait en assurer la survie, une option qu'il juge peu probable, le camp au pouvoir ayant, selon lui, « mis toute la mécanique en place pour changer cette constitution ».