La peur n'est toujours pas dissipée à Kwamouth, quatre ans après les violences liées à la crise des Mobondo. En fin de semaine, une tentative de retour de déplacés vers leurs villages s'est soldée par un échec, après la découverte d'indices laissant présager la persistance de la présence de miliciens dans la zone.
Une centaine de déplacés, qui avaient pris le chemin du village Fadiaka, ont été contraints de rebrousser chemin. Au cours de leur progression, ils ont d'abord découvert un feu encore allumé, puis des objets servant à des pratiques fétichistes. À l'entrée du village, ils ont trouvé la voie entièrement barricadée. Suspendu entre les barricades, un message était inscrit : « Pensez-vous que le phénomène Mobondo a pris fin ? Ce n'est pas terminé. » Pris de panique, les déplacés ont renoncé à regagner leurs habitations.
Selon le chef coutumier du village Kimomo, ces personnes retournaient à Fadiaka dans le but de reprendre les travaux champêtres à l'occasion de la saison sèche. Pour Stany Libie, ces éléments témoignent de la persistance de l'insécurité dans cette partie de la province du Maï-Ndombe. Il estime qu'un ratissage de l'armée s'impose afin de neutraliser définitivement les miliciens encore réfractaires au processus de paix engagé par le gouvernement.
« Cela signifie que les Mobondo sont encore là, ils sont actifs. Tout ce qui se dit à Kinshasa ne signifie rien pour ces réfractaires qui tiennent toujours à empêcher le retour de la population autochtone. Nous demandons au gouvernement à quand le retour de la population de Kwamouth, parce qu'après quatre ans, elle est abandonnée. Il n'y a ni assistance ni véritable processus de retour », a déclaré Stany Libie, chef coutumier du village Kimomo, dans le territoire de Kwamouth.
Du côté du gouvernement, un retour encadré des déplacés est toujours privilégié. Selon le ministre délégué à la Défense, chargé des Anciens combattants, qui a conduit la mission de pacification, les autorités souhaitent réunir toutes les garanties de sécurité afin d'éviter toute résurgence des tensions.
Eliezer Ntambwe a notamment insisté sur la nécessité de « sortir quelques leaders restés » avant d'organiser le retour des populations déplacées.
« Dans le cadre du retour de la population, nous estimons qu'il faut un retour encadré. Si ce n'est pas le cas, ce sera très compliqué et il risquerait d'y avoir de nouveaux conflits », a-t-il confié.
À ce jour, la population du territoire de Kwamouth demeure dispersée entre Kinshasa et Bandundu. D'autres déplacés ont trouvé refuge dans le territoire de Bolobo ainsi qu'en République du Congo.
Jonathan Mesa