Est de la RDC : taxes, enlèvements contre rançon, pillage…, comment les ADF compensent la baisse des financements extérieurs, selon l'ONU 

Des habitations incendiées au quartier Boikene lors d'une attaque des ADF
Des habitations incendiées au quartier Boikene lors d'une attaque des ADF

Malgré leur position au sein de l’Etat islamique (deuxième affilié le plus violent de Daech dans le monde) ainsi que l’extension de leur l’emprise territoriale en RDC, les Forces démocratique et Alliées (ADF), présentent dans les territoires de Beni, Lubero (Nord-Kivu), Irumu, Djugu, Mambasa (Ituri) et environs, souffrent désormais d’une baisse drastique des financements extérieurs, selon le nouveau rapport du groupe d’experts des Nation-Unies. 

En vue de compenser ce déficit financier, dû notamment à la pression antiterroriste soutenue et exercée sur son commanditaire, Daech, en Somalie, les ADF tiennent leur survie exerçant plusieurs pratiques illicites, dont l’élargissement de taxation au niveau local, des pillages, des vols en main armée, des enlèvements contre rançon. 

Dans les territoires de Lubero, Irumu et Mambasa, le rapport indique ce groupe a instauré « des jetons servant d’autorisation de circuler (baptisés « Dubius ») ou de preuve de paiement des taxes par les producteurs de cacao (« Amani na Upendo » ou « Délivrance Cacao », d’autres, ne disposant pas de moyens, sont contraints d’intégrer l’islam pour éviter la mort ou l’expulsion.

« Dans la plupart des cas, ces taxes étaient perçues de manière coercitive. Dans une vidéo de propagande, Bonge la Chuma, qui appartient aux ADF, a déclaré que les membres de la population devaient soit se convertir à l’islam, soit payer des taxes, sous peine d’être tués ou expulsés des zones contrôlées par le groupe », relate le document.

Pour accroître leurs revenus locaux, ces rebelles ont également fait recours aux enlèvements contre rançon. Le rapport de l’ONU fait révèle plusieurs enlèvements collectifs parmi les populations civiles, entre janvier et février de l’année en cours le long de l’axe Komanda-Luna et aux alentours de Mamove, « suivis de l’exécution des personnes qui n’étaient pas en mesure de payer la rançon ».

Le rapport souligne que les civils enlevés étaient pris pour cible sur la base de leur capacité de paiement présumée, contraints au travail forcé pendant leur captivité, puis relâchés après le versement de sommes négociées, qui oscillent entre 2000 et 5OOO dollars américains.

Samyr LUKOMBO