La ministre d’État, ministre des Affaires sociales et Actions humanitaires, Ève Bazaiba Masudi, a insisté jeudi 2 juillet 2026 sur l’urgence d’une approche humanitaire globale. Elle s’est exprimée à l’INRB lors d’une rencontre de haut niveau entre le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, et son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, en marge d’une visite de solidarité à Kinshasa consécutive à la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie d’Ebola dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, dans l’Est de la RDC.
En présence des partenaires techniques et financiers, du directeur général de l’Africa CDC et d’autres organisations et personnalités, Ève Bazaiba a souligné que la riposte sanitaire contre Ebola ne peut être dissociée de la crise humanitaire structurelle que traverse le pays depuis plusieurs décennies. Selon la ministre, les contraintes d’accès aux sites de déplacés internes compliquent fortement les efforts de sensibilisation et de prévention, et elle a appelé à la matérialisation des engagements pris par les différents partenaires de la RDC.
« En dehors de Ebola, nous avons besoin d'une action humanitaire d'urgence, vous avez entendu son Excellence Monsieur le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale entrain de le dire, il est difficile d'accéder dans les sites des déplacés internes pour leur parler des mesures de prévention. Les annonces effectuées ces jours par le gouvernement de la République Sud africaine par la bouche de la très haute Autorité ainsi que les annonces faite par le directeur de Africa CDC pour venir en appui à la riposte Ebola et aussi intégrer la problématique de la situation humanitaire au même moment que la riposte Ebola et ça c'est une question très importante. Nous sommes disposés à servir notre peuple partout où le devoir nous appelle », a déclaré Ève Bazaiba Masudi.
Profitant de l’occasion, la ministre est revenue sur les causes de la vulnérabilité humanitaire de la RDC. Elle a rappelé que le pays fait face depuis environ trois décennies à des conflits armés récurrents et à des formes multiples d’agressions.
"Comme vous le savez, ça fait plusieurs décennies notamment trois décennies que la République Démocratique du Congo est confrontée à faire face aux différentes formes de guerre d'agressions et autres conflits armés qui constituent l'un des chocs les plus virulents qui apportent des crises comme conséquences. Plus au moins 15 millions de congolais ont besoin d'une réponse humanitaire d'urgence et parmi ces 15 millions 60% c'est la conséquence de la guerre d'agression depuis plusieurs années, 25% proviennent des chocs des épidémies ou pandémies et les 15% constituent les conséquences des aléas climatiques ou le réchauffement de la planète", a-t-elle fait savoir dans son discours.
Et d'ajouter :
"Malheureusement, le malheur ne venant pas seul à côté de choc, il y a le choc des pandémies qui viennent aggraver la situation humanitaire et du coup la République Démocratique du Congo se trouve dans un cercle vicieux ou Ebola vient aggraver la situation humanitaire et la situation humanitaire aggrave les risques de propagation de cette maladie".
La ministre a également rappelé que le gouvernement, en collaboration avec les partenaires humanitaires, a élaboré un plan de réponse pour 2026, rendu public le 1er décembre 2025.
"Le gouvernement de la République Démocratique du Congo en collaboration avec les partenaires humanitaires a pu mettre en place un schéma, une prévision pour 2026, rendu public depuis le 1er décembre 2025, il s'agit des statistiques et derrière ces chiffres, ça représente une vie, une vie humaine à sauver, à sauver en urgence et il s'agit justement des 15 millions congolais qui ont besoin d'une réponse humanitaire parmi lesquels 7,3 millions ciblés et constituér des personnes en errance appelées déplacés internes et 550 environs constitués des réfugiés congolais dans les pays étrangers dont 90.000 femmes victimes des violences basées sur le genre et ces catégories des personnes nécessitent une mobilisation des ressources en urgence 1 millard 400 millions usd ou son équivalent pour une réponse urgente", a-t-elle fait savoir dans son discours.
Selon Ève Bazaiba Masudi, la situation s’est aggravée à la suite des offensives de la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, ayant entraîné de nouvelles violences et déplacements de populations, notamment dans certaines zones de l’Est du pays.
"Ces chiffres ont été publiés le 1er décembre 2025 mais après cette période en décembre 2025 une grande partie de la République démocratique du Congo dont Uvira a été encore frappée par des bombardements venant d'un pays étranger que nous connaissons tous et qui nous agresse, et met en mal la paix en République Démocratique du Congo du coup ces chiffres ont été revus à la hausse mais ce que je vous ai donné constituent une référence. En disant que nous sommes dans un cercle vicieux parmi les 60% des congolais victimes des guerres d'agressions qui se constituent aujourd'hui en déplacés internes dans les sites des déplacés, on les retrouve dans les provinces suivantes :Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tanganyika, Tshopo, Haut Uele dans la plupart des cas", a ajouté Ève Bazaiba Masudi.
Par ailleurs, Ève Bazaiba Masudi a rappelé les efforts du gouvernement dans la riposte contre Ebola.
"Le gouvernement de la République Démocratique du Congo sous le leadership du Chef de l'État que nous félicitons son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi n'a ménager aucun effort pour mettre la main dans la gibeciere au-delà de tous les problèmes qui frappent la République Démocratique du Congo, vous l'avez entendu 50 millions ont été mis à disposition pour faire face à la riposte Ebola", a indiqué Ève Bazaiba Masudi.
Face à un déficit critique de financement, la communauté humanitaire en République démocratique du Congo est contrainte de prioriser strictement sa réponse en 2026. C’est dans ce contexte que le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et la communauté humanitaire avaient lancé ce mercredi 28 janvier 2026 à Kinshasa, un appel urgent de 1,4 milliard USD afin de répondre aux besoins humanitaires dans le pays en 2026.
Selon les deux parties, ces ressources sont indispensables pour venir en aide à des millions de Congolaises et de Congolais pris au piège de l’une des crises humanitaires les plus prolongées et les plus négligées à travers le monde. À défaut de financements suffisants, la réponse humanitaire en 2026 sera recentrée sur 7,3 millions de personnes, parmi près de 15 millions ayant des besoins vitaux en assistance et en protection.
L'année 2025 avait déjà montré les conséquences dramatiques du sous-financement. Par exemple, au cours de l'année, la réduction des capacités opérationnelles a conduit à la fermeture de plus de 1000 centres de nutrition, privant plus de 390 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère d'une prise en charge essentielle.
Environ 1,5 million de personnes ont perdu l'accès aux soins de santé primaires en raison de la fermeture de structures, de ruptures de stock de médicaments vitaux et d'une capacité réduite de prévention et de réponse aux épidémies. Les cibles d'assistance alimentaire mensuelles ont été réduites jusqu'à 73 %, exposant les populations les plus vulnérables à des risques accrus de faim et de privation
Clément MUAMBA