À Genève, Samuel Mbemba rejette les accusations de rétrécissement de l’espace civique et rassure sur le droit de manifester

Manifestation de l'opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa
Manifestation de l'opposition le 12 juin 2026 à Kinshasa

Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a défendu ce lundi 29 juin 2026 la position du gouvernement congolais sur le respect des droits et des libertés en RDC, lors du dialogue interactif consacré à la première présentation de la mise à jour officielle de la Commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette rencontre s’est tenue dans le cadre de la 62e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, en Suisse.

Alors que le gouvernement fait face aux critiques de l’opposition et de l’ONU au cours de la même séance, Samuel Mbemba a rassuré quant à la tenue et à la garantie des manifestations publiques en RDC, estimant que les initiateurs des manifestations de l’opposition ne disposent pas d’une assise nationale. Selon lui, certains acteurs politiques concernés chercheraient davantage à provoquer les forces de l’ordre qu’à exercer un droit démocratique.

"S'agissant des manifestations en République Démocratique du Congo, je voudrais rappeler qu'il s'agit de trois opposants sans derrière eux des députés nationaux, sans députés provinciaux, sans conseillers communaux ni peuple derrière eux et donc qui commencent à s'illustrer dans des provocations à l'égard des forces de l'ordre mais la liberté d'expression et des manifester étant garantie en République Démocratique du Congo, tout se fait pour le mieux pour qu'ils puissent s'exprimer s'ils veulent bien le faire", a déclaré Samuel Mbemba Kabuya, Ministre des Droits Humains de la RDC.

S’agissant des revendications de l’opposition, notamment celles liées à la loi sur l'adoption de la proposition de loi sur le référendum, Samuel Mbemba Kabuya dit mal comprendre que la contestation porte sur l’exercice des prérogatives du Parlement de légiférer, surtout sur une matière qui, selon lui, permettra à la population congolaise d’exprimer son droit le plus légitime.

"Il s’exprime contre quoi ? Il s’exprime contre le fait que le Parlement a voté une loi référendaire qui appelle le peuple au débat démocratique sur le changement de la Constitution", a fait savoir Samuel Mbemba Kabuya.

Cette réaction survient également à la veille de la marche annoncée par la coalition C64 pour le 8 juillet prochain, visant à exiger la démission de Félix Tshisekedi. Cette plateforme de l’opposition entend réclamer le départ du président de la République, qu’elle accuse de vouloir modifier la Constitution à des fins politiques.

La coalition C64 estime que l’adoption de la loi référendaire s’inscrit dans une démarche visant à prolonger le maintien de Félix Tshisekedi au pouvoir. Elle considère cette initiative comme une violation de la Constitution et soutient que le chef de l’État aurait manqué au serment prêté lors de son investiture. Ces griefs sont invoqués par la coalition pour justifier son appel à la démission du président.

Jusqu’à présent, le pouvoir de Félix Tshisekedi maintient sa position en faveur d’un changement de la Constitution.

Clément MUAMBA