Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a réaffirmé l’engagement de son pays à poursuivre les efforts diplomatiques et politiques visant à rétablir durablement la paix dans l’Est de la RDC. Le chef de l’État s’exprimait mardi 23 juin 2026 devant la presse, à l’issue de son entretien avec son homologue burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, en visite d’État à Kinshasa.
Abordant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, Félix Tshisekedi a indiqué avoir eu des échanges approfondis avec le dirigeant burundais sur les initiatives en cours visant à mettre fin aux violences qui touchent plusieurs territoires. Il a également réaffirmé la volonté de Kinshasa de parvenir à une solution respectueuse de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
"Nous avons longuement échangé sur les efforts en cours en vue de restaurer durablement la paix, la sécurité, la stabilité et l’autorité de l’État dans les zones affectées. J’ai réaffirmé devant mon frère, le Président Ndayishimiye, l’engagement constant de la République démocratique du Congo en faveur d’une paix juste, durable et vérifiable", a souligné Félix Tshisekedi, president de la RDC
Le président Tshisekedi a rappelé que la RDC demeure engagée dans les différents processus de dialogue visant à restaurer la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs. Il a notamment évoqué les processus de Washington et de Doha, ainsi que les initiatives de médiation conduites sous l'égide de l'Afrique. Le chef de l’État a également souligné l’importance des mécanismes régionaux dans la consolidation d’une paix durable et le renforcement de la stabilité dans la région.
"Notre pays demeure pleinement engagé dans les initiatives diplomatiques en cours, notamment les processus de Washington et de Doha, ainsi que la médiation africaine, dans le respect de notre souveraineté, de notre intégrité territoriale et des principes du droit international. Nous avons également échangé sur le rôle des mécanismes régionaux dans la consolidation de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs. Nous avons confirmé la tenue, au mois de septembre prochain, de la réunion de la Troïka de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL)", a-t-il précisé lors de son intervention
Le chef de l’État congolais a insisté sur les attentes des populations de l’Est de la RDC, durement éprouvées par des années de conflits armés, soulignant leur besoin urgent de sécurité, de justice et de stabilité. Félix Tshisekedi a par ailleurs assuré que la RDC continuera à défendre avec fermeté sa souveraineté et ses intérêts, tout en demeurant ouverte à toute initiative sincère susceptible de favoriser le retour d’une paix durable.
"Les populations de l'Est de la République démocratique du Congo, durement éprouvées par des années de violence, attendent plus que jamais des résultats concrets, mesurables et vérifiables. Elles attendent le silence des armes. Elles attendent le retour de la sécurité. Elles attendent la restauration de l'autorité de l'État. Elles attendent la justice, la dignité et la possibilité de reconstruire leur vie sur leur propre terre. C'est pourquoi la République démocratique du Congo continuera de défendre avec fermeté et responsabilité sa souveraineté nationale, tout en restant disponible pour toutes les initiatives sincères susceptibles de conduire à une paix durable dans la région des Grands Lacs", a martelé Félix Tshisekedi
Cette rencontre entre les deux chefs d'Etat Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye intervient dans un contexte marqué par des tentatives diplomatiques, notamment les accords de Washington et le processus de Doha, visant à instaurer un cessez-le-feu durable et à relancer le dialogue entre les parties prenantes au conflit qui secoue l’Est de la RDC depuis plusieurs années. Toutefois, ces initiatives n’ont pas encore produit de résultats concrets sur le terrain, où les hostilités se poursuivent entre la rébellion et les forces gouvernementales.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différentes parties prenantes au respect des engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu’à présent, sans effet notable. L’objectif de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques enregistrées sur le papier peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue, en effet, d’interpréter les dispositions des accords selon sa propre lecture, rendant leur mise en œuvre toujours plus incertaine.
Clément MUAMBA