S'exprimant jeudi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l'analyste Patrick Mbeko a livré une analyse détaillée du rôle joué par Washington dans l'éviction politique de Joseph Kabila entre 2018 et 2021.
Contrairement à l'idée répandue selon laquelle Félix Tshisekedi se serait défait seul de son ancien allié, Patrick Mbeko affirme que ce sont les États-Unis qui ont mobilisé des moyens conséquents pour neutraliser Kabila.
« Des hommes de la CIA sont arrivés jusqu'à Kinshasa pour menacer des gens qui étaient proches de Kabila », a-t-il déclaré, ajoutant que le basculement observé au sein du FCC en 2020-2021 n'aurait rien eu d'une manœuvre spontanée impulsée depuis le Palais de la Nation, mais aurait été coordonné depuis l'ambassade américaine.
L'analyste établit un parallèle avec la chute du maréchal Mobutu, rappelant que des officiers de l'armée zaïroise auraient été retournés par la CIA à l'époque, citant l'exemple du général Nzimbi, qui aurait été personnellement menacé par l'ambassadeur américain alors qu'il envisageait de résister à l'avancée des troupes de l'AFDL sur Kinshasa.
Sur les sanctions américaines récentes visant l'entourage de Kabila, Patrick Mbeko livre une lecture inverse de celle généralement admise : loin de constituer une preuve de sa culpabilité, elles témoigneraient selon lui d'une anticipation de Washington face à un possible retour de l'ancien président sur la scène politique, un scénario que les États-Unis chercheraient précisément à dissuader.