You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Catégorie

RDC : l’épidémie d’Ebola ne montre « aucun signe de ralentissement », alerte MSF

Les personnels soignants d'Ebola à Bunia

L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) alerte sur la dégradation de la situation épidémiologique en République démocratique du Congo, où l’épidémie de maladie à virus Ebola « ne montre aucun signe de ralentissement malgré la riposte ».

Dans une déclaration publiée mercredi 5 août, la directrice médicale adjointe de MSF, Dre Philippa Boulle, estime que la situation dans l’est du pays est « plus critique que jamais » et appelle à accélérer la réponse internationale.

La République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola. Près de deux mois après son déclenchement, l’apparition de nouveaux cas dans plusieurs provinces porte à cinq le nombre de provinces touchées : l’Ituri, qui demeure l’épicentre de l’épidémie, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele.

Selon les données relayées par MSF, 3 605 cas confirmés avaient été enregistrés au 1er août, faisant de cette flambée la plus importante jamais documentée en RDC. En onze semaines, près de 1 500 décès avaient déjà été recensés.

L’organisation souligne que de nouveaux cas suspects continuent d’être signalés presque quotidiennement dans de nouvelles localités, y compris en dehors des chaînes de transmission déjà identifiées.

Pour MSF, la réponse médicale doit désormais progresser plus rapidement que la propagation du virus. Plusieurs lacunes persistent, notamment dans la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, l’engagement communautaire et l’accès aux zones affectées.

Plus de 1 400 membres du personnel de MSF sont actuellement mobilisés dans la riposte. L’organisation gère sept centres de traitement Ebola ainsi que plus de quinze unités d’isolement en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et dans la Tshopo, en appui au ministère de la Santé.

Malgré les progrès réalisés dans le dépistage et le suivi des contacts, MSF relève que 90 % des patients admis dans son centre de traitement Ebola de Bunia n’étaient pas des contacts suivis. En Ituri, seuls 59 % des contacts avaient été identifiés. Une situation qui, selon l’organisation, compromet les efforts visant à interrompre les chaînes de transmission.

MSF estime également que la riposte doit davantage s’appuyer sur les communautés afin de renforcer la détection précoce des cas et le suivi des contacts. L’organisation insiste par ailleurs sur la nécessité de garantir un accès sans entrave aux zones touchées, alors que la saison des pluies pourrait compliquer les déplacements et l’acheminement des fournitures médicales.

Parallèlement à l’épidémie d’Ebola, plusieurs autres urgences sanitaires continuent de peser sur les populations, notamment le paludisme, la rougeole, le choléra et la malnutrition. MSF appelle ainsi à maintenir le soutien aux établissements de santé afin d’assurer la continuité des soins essentiels.

Malgré l’expérience acquise lors des précédentes épidémies, la riposte reste confrontée à de nombreux obstacles. En Ituri notamment, des mouvements de grève des prestataires et du personnel de santé ont perturbé certaines opérations. Les grévistes dénoncent des retards dans le paiement de leurs primes, des conditions de travail difficiles ainsi que le non-respect de plusieurs engagements pris à leur égard.

Josué Mutanava, à Goma