Le gouvernement congolais rejette encore une fois les nominations effectuées par l’AFC/M23 au sein des comités de gestion de dix établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire à Goma, au Nord-Kivu, et à Bukavu, au Sud-Kivu. Dans un communiqué officiel rendu public ce lundi 10 août, le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation indique avoir pris connaissance des nominations opérées le 7 août par l’AFC/M23 au sein des comités de gestion de plusieurs établissements publics de ces deux villes.
Ces nominations ont été annoncées par l’AFC/M23 le week-end dernier dans une décision portant le numéro COORDO/AFC-M23/FRK/SB/2026, consacrée à la désignation et à la nomination des membres des comités de gestion des institutions d’enseignement supérieur, universitaire, de recherche scientifique et d’innovation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans ce document, le mouvement armé AFC/M23 justifie sa décision par la nécessité de doter les établissements concernés de nouveaux animateurs et de combler les postes vacants au sein de plusieurs comités de gestion, afin d’en assurer le fonctionnement dans les zones qu’il présente comme des « territoires libérés ».
Dix établissements concernés
À Goma, quatre établissements sont concernés par cette décision de l’AFC/M23 : l’Institut Supérieur de Commerce (ISC-Goma), l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM-Goma), l’Institut Supérieur des Techniques appliquées (ISTA-Goma) et l’Institut Supérieur pédagogique (ISP-Goma).
À Bukavu, six institutions figurent sur la liste : l’Institut Supérieur de Commerce (ISC-Bukavu), l’Institut Supérieur des Techniques médicales (ISTM-Bukavu), l’Institut Supérieur pédagogique (ISP-Bukavu), l’Institut Supérieur de Développement rural (ISDR-Bukavu), l’Institut Supérieur des Arts et Métiers (ISAM-Bukavu) ainsi que l’Université Officielle de Bukavu (UOB).
Le gouvernement congolais considère ces actes comme une substitution illégale à l’autorité publique et une ingérence dans l’organisation et le fonctionnement d’un service public relevant de l’État. Il rappelle qu’aucune autorité de fait, aucun mouvement armé ou structure dépourvue de légitimité constitutionnelle ne peut se substituer aux institutions légalement établies de la République ni exercer des compétences sur les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire.
En conséquence, le ministère affirme que les nominations opérées par l’AFC/M23 sont nulles et sans effet juridique ou administratif. Les comités de gestion régulièrement investis restent, selon le gouvernement, en fonction et conservent l’ensemble de leurs prérogatives.
Le gouvernement prévient, par ailleurs, que toute personne qui se prévaudrait de ces nominations ou participerait à leur mise en œuvre s’expose aux sanctions prévues par les lois de la République.
Le ministère rappelle également que l’occupation temporaire d’une partie du territoire national ne confère ni souveraineté, ni compétence administrative, ni autorité institutionnelle, ni pouvoir de nomination. Il appelle ainsi la communauté universitaire du Nord-Kivu et du Sud-Kivu à rester vigilante et attachée aux institutions de la République.
Le gouvernement réaffirme enfin son engagement à préserver les droits des étudiants, enseignants, chercheurs et autres personnels des établissements d’enseignement supérieur et universitaire, tout en assurant la continuité du service public de l’enseignement supérieur sur l’ensemble du territoire national.
Josué Mutanava, à Goma