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La prudence de Kamitatu sur l'apaisement politique : « On le saura quand les condamnations à mort seront levées et les prisonniers politiques libérés » 

Actualite.cd

Invité samedi du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le directeur de cabinet de Moïse Katumbi s'est montré prudent quant à un éventuel signal d'apaisement politique que constituerait la restitution de son passeport, dans la perspective du Dialogue national annoncé.

« C'est un fait qui n'est pas une faveur qui m'a été accordée, c'est simplement un droit. On m'a restitué un document que tout citoyen congolais doit avoir quand il le demande », a-t-il d'abord tenu à préciser, révélant que c'est le président Moïse Katumbi lui-même qui lui avait demandé de faire sa capture biométrique à l'ambassade de Belgique à Kinshasa. Il souligne qu'il n'est pas un cas isolé, citant les exemples d'Hervé Diakiesse et de Mike Mukebayi, également privés de passeport.

Revenant sur le terme d'« auto-exil », Olivier Kamitatu évoque le lourd passif de son parti, Ensemble pour la République, avec le régime : « Le premier porte-parole du parti (Chérubin Okende) ne pourra plus jamais s'exprimer, car il a été assassiné, et l'on a considéré, selon la justice congolaise, qu'il s'agissait d'un suicide. Quand on parle d'auto-exil, cela fait mal à la bouche, quand le parti a perdu plusieurs militants et compte aujourd'hui plusieurs membres emprisonnés sans jamais avoir été jugés », citant notamment Stéphane Shiso et une douzaine d'autres détenus.

Sur la question d'un signal d'apaisement, il pose ses conditions : « On le verra quand les condamnations à mort auront été levées, quand les prisonniers politiques auront été libérés, quand le harcèlement judiciaire contre les opposants aura cessé, et quand le régime décidera d'aller vers un dialogue inclusif, avec des préalables tout à fait normaux. » Il ironise enfin sur la confiscation de son passeport : « C'est comme si Donald Trump décidait de confisquer le passeport de son prédécesseur Biden, et qu'on trouvait cela tout à fait normal. Nous en sommes réduits à ça aujourd'hui. »

Il conclut, reprenant l'image de l'hirondelle qu'il avait lui-même employée sur les réseaux sociaux : « Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais elle pourrait l'annoncer, cela dépendra du régime, qui jusqu'à présent n'a pas montré de signes réels de vouloir un apaisement. »


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