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Accusé de proximité avec la rébellion, Jean-Claude Vuemba dément fermement

Photo d'illustration

Interrogé samedi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala sur les accusations visant Sauvons la RDC, plateforme qu'il a contribué à mettre en place aux côtés de Joseph Kabila, d'être proche de la rébellion, Jean-Claude Vuemba Luzamba a opposé un démenti catégorique. « Il faut arrêter tout cela. Je n'ai jamais été de la rébellion, je n'ai jamais été courtisé par la rébellion, donc je ne peux pas dire que l'on est proche de la rébellion. Il faut arrêter tout cela. ».

« Sauvons la RDC, c'est une plateforme politique et de la société civile. », a-t-il insisté.

Jean-Claude Vuemba Luzamba a ensuite tenu à livrer, dit-il, une confidence, tout en refusant qu'elle soit interprétée comme un aveu : « à notre première réunion, on devait savoir qu'est-ce qu'on allait faire par rapport à certains frères qui ont pris les armes. Qui se considère comme révolutionnaire. Le président Joseph Kabila a été très clair : c'est une plateforme politique et de la société civile. »

Il a poursuivi : « Et depuis lors, dans toutes nos assises, dans toutes nos réunions, nous n'avons en tout cas, moi, Jean-Claude Vuemba, entendu parler d'une association avec une rébellion quelconque. Sinon, je vous l'aurais dit. »

Le cas Moïse Nyarugabo et le « point zéro »

Relancé sur un communiqué signé par Moïse Nyarugabo « en sa qualité de coordonnateur du secrétariat technique », et aperçu « au point zéro, là où la coalition, donc rebelle, a défait les forces loyalistes », Jean-Claude Vuemba Luzamba a répondu : « Le sénateur honoraire Moïse Nyarugabo, qui est notre coordonnateur, a sa propre famille, ses amis et ses connaissances là-bas et il s'y est rendu à ce titre personnel et non engageant Sauvons la RDC ».

Dialogue national : Olivier Kamitatu détaille les conditions de Moïse Katumbi 

Alors que l'ordonnance présidentielle convoquant le dialogue annoncé par Félix Tshisekedi est attendue dans les prochaines heures, voire d'ici lundi, Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de Moïse Katumbi, a détaillé samedi les conditions posées par Ensemble pour la République à sa participation. Il s'exprimait lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala.

Un dialogue « inclusif », sous l'empire de la Constitution actuelle

Premier préalable posé par la plateforme de Moïse Katumbi : l'inclusivité. Selon Olivier Kamitatu, « ce dialogue doit être inclusif » et ne saurait être « un dialogue qui se convient entre copains ». Il doit au contraire réunir toutes les parties prenantes, y compris ceux « qui ont pris des armes pour des raisons qui leur appartiennent et qui parfois sont des raisons fondées », ainsi que la société civile.

Deuxième condition : aucune remise en cause de la Constitution. Le directeur de cabinet de Moïse Katumbi a été catégorique : il n'est pas question d'aller à un dialogue « pour parler du changement de la Constitution ». Les échanges devront se tenir « sous l'empire de notre Constitution » actuelle.

Une facilitation internationale exigée

Ensemble pour la République réclame également qu'une facilitation extérieure, relevant de la communauté internationale, conduise le processus, une piste évoquée selon lui par les évêques de la CENCO. La raison invoquée par Olivier Kamitatu est sans détour : la parole du président de la République serait aujourd'hui « désacralisée » par de nombreuses promesses non tenues depuis le début de son mandat. Il a insisté sur le fait que le chef de l'État ne saurait être « l'alpha et l'oméga » de ce dialogue, la légitimité des décisions qui en sortiront dépendant précisément de cette facilitation indépendante.

Traiter les causes profondes du conflit

Pour Olivier Kamitatu, l'enjeu dépasse les questions politiciennes de la classe dirigeante. Il a rappelé l'ampleur de la crise humanitaire dans l'Est du pays : sept millions de déplacés internes et un million de réfugiés. Le dialogue devra, selon lui, s'attaquer aux causes profondes du conflit et de la guerre pour permettre à ces populations de rentrer chez elles.

Interrogé incidemment sur la question de son propre passeport, récemment débloqué, il a tenu à en minimiser la portée : « Mon passeport n'était qu'une petite question personnelle et un droit, mais rien d'autre », a-t-il affirmé, refusant d'en faire un sujet de communication.

La question des condamnés à mort

Olivier Kamitatu a par ailleurs rappelé une date : il y a exactement deux ans, jour pour jour, 26 compatriotes étaient condamnés à mort par la Cour militaire. Pour lui, cette réalité pose une question centrale à la veille du dialogue : peut-on discuter d'inclusion avec des personnes sous le coup d'une condamnation à mort, ou le pouvoir doit-il d'abord poser un geste d'ouverture ? 

Restauration de l'État de droit

En résumé, selon le directeur de cabinet de Moïse Katumbi, l'objectif de ce dernier est de « remettre ce pays sur les rails » à travers un dialogue véritablement inclusif, adossé à une médiation internationale et à des principes clairs, ce qui suppose, a-t-il insisté, que le pouvoir « prenne ses responsabilités ».