Interrogé samedi, lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, sur le rôle que pourrait jouer Joseph Kabila dans la résolution de la crise actuelle, l'opposant Jean-Claude Vuemba a livré une analyse nuancée de l'ancien chef de l'État, entre reconnaissance de son rôle historique et rappel de ses responsabilités dans la crise électorale de 2018. « L'homme maestro qui a pu donner l'alternance pacifique au Congo ».
Jean-Claude Vuemba a d'abord tenu à situer Joseph Kabila dans l'histoire politique récente du pays : « Joseph Kabila, c'était l'ancien président de la République. Joseph Kabila est l'homme maestro qui a pu donner l'alternance pacifique au Congo. » Il a toutefois immédiatement nuancé ce satisfecit en évoquant le contentieux électoral de 2018 : « Nous avons vu les élections, comment ça s'est passé. Nous avons vu comment Martin Fayulu a eu 65 %.
Comment les généraux, comment les services de renseignement de monsieur Kabila ont menacé, dans le cas contraire si Martin Fayulu devenait Président. Donc il fallait aussi avoir de la sagesse, le sang-froid, pour avoir une décision pour dire que ça ne serait pas X ça serait Y »
Et d'ajouter : Joseph Kabila « est resté pendant dix-huit ans président » de la République, Jean-Claude Vuemba a interrogé le rôle que celui-ci pourrait encore jouer aujourd'hui : « Est-ce qu'il ne peut pas avoir au moins des orientations, puisque c'est l'homme du dialogue ? »
À l'appui de cette idée, il a rappelé des précédents historiques associés à Kabila, citant Sun City, OUA avec Samy Badibanga comme premier ministre et la CENCO, avant l'arrivée de Bruno Tshibala à la primature.
« Je vais vous dire la vérité : le Kabila que je fréquente à l'heure actuelle, ce n'est pas le Kabila que je vilipendais à cor et à cri. Son pouvoir, certes, avait beaucoup de méfaits, mais la personne de Kabila, je crois qu'il faudrait que les historiens en parle. »
Une déclaration qui dissocie ainsi, dans le discours de l'opposant, le bilan contesté du pouvoir exercé par Joseph Kabila et la relation qu'il entretient aujourd'hui avec l'homme lui-même, qu'il présente comme un interlocuteur possible dans la recherche d'une issue à la crise.