Parlement : les députés et sénateurs invités à " rester disponibles" pour répondre en temps utile à la convocation imminente d'une session extraordinaire

Les députés et sénateurs arrivant dans la salle du congrès/Ph AN

La session ordinaire de mars de l’Assemblée nationale, tout comme celle du Sénat a été officiellement clôturée lundi 15 juin 2026 par le président de la chambre basse, Aimé Boji Sangara, et celui de la Chambre haute, Sama Lukonde. Ils ont salué le travail accompli par les députés, les sénateurs ainsi que l’ensemble du personnel parlementaire.

Dans son allocution de clôture, le président de l’Assemblée nationale a exprimé sa reconnaissance à l’endroit des élus et des différents acteurs ayant contribué au bon déroulement des travaux parlementaires. Il a également adressé ses remerciements aux partenaires institutionnels et aux membres du gouvernement pour leur collaboration tout au long de la session.

S’inscrivant dans une perspective de continuité des activités parlementaires, les deux présidents des chambres du Parlement de la RDC ont par ailleurs appelé les députés et sénateurs à demeurer disponibles en vue d’une prochaine convocation.

" Avant de conclure mon propos, je voudrais exprimer mes sincères remerciements à l’ensemble des Honorables Députés pour leur disponibilité, leur assiduité et leur contribution aux travaux de cette session, ainsi qu’au personnel administratif de l’Assemblée nationale pour son dévouement. J’adresse également mes remerciements aux membres du gouvernement, aux partenaires institutionnels ainsi qu’à tous  ceux qui ont contribué au bon déroulement de nos travaux. Enfin, en perspective d’une session extraordinaire imminente, je vous invite à rester disponibles, afin de répondre en temps utile à la convocation qui sera rendue publique à cet effet ", a annoncé Aimé Boji Sangara, président de l'Assemblée nationale à l'issue de son discours. 

Si les matières à examiner au cours de cette session extraordinaire ne sont pas encore rendues publiques, il est toutefois probable que les élus de l’Assemblée nationale et ceux du Sénat se pencheront sur le projet de loi d’habilitation du gouvernement, déjà adopté en Conseil des ministres, ainsi que sur le projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026. Ce dernier a déjà été déclaré recevable à l’Assemblée nationale et envoyé à la Commission ÉCOFIN pour un examen approfondi avant son adoption en plénière, puis transmis au Sénat pour une seconde lecture, conformément à la procédure législative, avant sa promulgation par le chef de l’État. 

Présenté par le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, au nom du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026 prévoit un budget équilibré en recettes et en dépenses de 50.295 milliards de francs congolais, soit l’équivalent de 21,9 milliards de dollars américains, au taux de change de 2.290 FC pour un dollar. Comparé à son niveau initial de 54.336 milliards de FC, équivalant à 22 milliards de dollars américains au taux de 2.467 FC pour un dollar, ce budget enregistre une régression de 7,4 % en francs congolais et de 0,45 % en dollars américains.

Selon le gouvernement, cette baisse s’explique essentiellement par la diminution de 42% des ressources extérieures. En revanche, les recettes propres affichent une progression de 6,9%, traduisant une amélioration de la mobilisation des ressources internes. En présentant ce texte au nom de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le vice-Premier ministre du Budget a souligné que ce projet s’inscrit dans la dynamique impulsée par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dont l’action diplomatique continue de produire des résultats malgré la persistance de la guerre d’agression dans l’Est du pays.

Par ailleurs, quelques jours plus tôt, les députés nationaux élus des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ont annoncé, samedi 13 juin, la suspension de leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale, y compris à la session extraordinaire pour protester contre l’absence de débat sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. En toile de fond figurent notamment l’état de siège, instauré il y a plusieurs années sans produire les résultats escomptés, ainsi que l’agression rwandaise présumée à travers la rébellion de l’AFC/M23 dans l’Est du pays.

S’exprimant au nom de ses collègues après avoir quitté la salle de plénière en signe de protestation, le député national Daniel Furaha Uma, élu de Mahagi dans la province de l’Ituri, a dénoncé ce qu’il qualifie de manque de considération de certains élus face à la gravité de la crise sécuritaire qui frappe l’Est du pays. Pour ces élus, il est urgent que des résolutions fortes et concrètes soient prises afin de mettre un terme aux massacres des populations civiles qui se poursuivent dans cette partie de la République démocratique du Congo.

Il reste à savoir si les questions sécuritaires seront également inscrites à l’ordre du jour de cette session extraordinaire, dans l’espoir de ramener les élus des deux provinces à reprendre les travaux. La convocation de cette session extraordinaire dépendra d’une décision conjointe des présidents des deux chambres du Parlement, Aimé Boji Sangara et Sama Lukonde.

Clément MUAMBA