L’annonce par le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de l’organisation d’un dialogue inclusif, à l’issue de sa rencontre avec le duo ECC-CENCO, continue de susciter des réactions contrastées à travers le pays. À Walikale, dans la province du Nord-Kivu, les habitants affichent des positions partagées sur l’opportunité, le contenu et les participants à ces futures assises.
Pour une partie de la population, cette initiative risque de ne produire aucun résultat concret. Ces habitants estiment que les nombreux dialogues organisés par le passé n’ont pas permis de mettre fin aux conflits qui secouent l’est de la RDC.
« Nous avons déjà connu plusieurs dialogues, mais la guerre continue et ce sont toujours les populations qui en paient le prix. Cette fois-ci, le gouvernement devrait plutôt renforcer l’armée afin de rétablir l’autorité de l’État et protéger les civils », témoigne un habitant de Walikale-centre.
À l’inverse, d’autres citoyens considèrent que le dialogue constitue une étape indispensable pour éviter de nouvelles pertes en vies humaines.
« Si le dialogue peut empêcher de nouveaux morts et permettre le retour de la paix, il faut lui donner une chance. Une solution négociée vaut mieux que la poursuite des affrontements », estime un autre habitant.
Pas de partage du pouvoir
Concernant le contenu des discussions, plusieurs habitants souhaitent que les débats restent exclusivement centrés sur le rétablissement de la paix dans l’est du pays, sans déboucher sur un quelconque partage du pouvoir.
« Ce dialogue ne doit pas devenir un cadre de négociation des postes. Il doit uniquement rechercher des solutions durables à l’insécurité qui frappe nos provinces depuis des années », insiste un notable local.
La question des participants fait également débat. À Walikale-centre, de nombreux habitants estiment que toute personne impliquée dans des crimes contre l’humanité ou de graves violations des droits humains ne devrait pas prendre part à ces assises.
« On ne peut pas construire une paix durable avec ceux qui ont du sang sur les mains. Les auteurs de crimes doivent répondre de leurs actes devant la justice et non être récompensés par une place autour de la table des négociations », affirme un autre résident.
Malgré ces divergences, un sentiment commun se dégage au sein de la population de Walikale : celui de voir enfin prendre fin les violences récurrentes qui endeuillent l’est de la RDC.
Les habitants espèrent que ce dialogue inclusif, s’il est effectivement organisé et conduit de manière crédible, constituera une véritable opportunité de restaurer une paix durable dans la région.