La plateforme des ONG de la société civile, Agir pour des Élections Transparentes et Apaisées (AETA), a organisé une conférence de presse ce mercredi 10 juin à Kinshasa, au cours de laquelle elle a livré son analyse technique et ses hypothèses optionnelles sur les enjeux et défis du processus démocratiques en République démocratique du Congo.
Dans son analyse, lue par son nouveau président du Conseil d’administration, Patrick Cibangu Ciabukole, AETA a mentionné « des faits majeurs » qui, selon elle, représentent le blocage du processus démocratique en République démocratique du Congo. Ce sont notamment le débat sur la révision ou le changement de la constitution, la persistance de la crise sécuritaire à l’est du pays et le risque que les élections ne se tiennent pas dans le délai constitutionnel : 2028.
Alors que le président Tshisekedi a ouvertement écarté l’hypothèse d’organiser des élections en 2028 suite à la dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, cette plateforme insiste sur le maintien des scrutins au délai constitutionnel. Patrick Cibangu Ciabukole soutient que « le respect du calendrier électoral permettrait de préserver la continuité de la légitimité des institutions, et de renforcer la prévisibilité de la vie politique ».
Mais AETA redoute que ces élections, organisées dans un contexte sécuritaire dégradé, excluent certaines populations, et conduisent à la balkanisation des territoires occupés par les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda.
Dans la foulée de ses réflexions, AETA a proposé le report du scrutin jusqu’à l’amélioration de la sécurité, question d’envisager des élections pleinement inclusives, permettant à tous les citoyens d’y prendre part et « d’exercer librement leurs droits politiques ». Elle s'est interrogée, cependant, sur la durée du report et la légitimité institutionnelle des institutions.
Pour les scrutins à venir, AETA a proposé des réformes électorales, censées apporter des améliorations susceptibles de notamment renforcer la crédibilité du processus électoral. Elle appelle à des ajustements techniques du système électoral actuel, une réforme globale qui prône une révision plus profonde du cadre électoral pour répondre aux défis structurels identifiés au cours des cycles électoraux précédents.
Samyr LUKOMBO