Ebola Bundibugyo en RDC : encore 48 nouveaux cas et 10 décès en 24 heures, désormais 23 survivants dont 20 en Ituri qui concentre 94 % d’infections

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La 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo) connaît une accélération préoccupante en République démocratique du Congo, avec une flambée notable enregistrée en seulement 24 heures. Selon le dernier bulletin du Centre d’Opérations d’Urgence en Santé Publique (COUSP), arrêté au 8 juin 2026, 48 nouveaux cas confirmés et 10 décès supplémentaires ont été notifiés en une seule journée.

Cette évolution porte le cumul national à 598 cas confirmés et 115 décès, soit un taux de létalité stable mais élevé de 19,2 %, confirmant la gravité de la situation sanitaire.

L’Ituri, épicentre de la flambée

La province de l’Ituri reste le principal foyer de l’épidémie, concentrant à elle seule 45 des 48 nouveaux cas enregistrés au cours des dernières 24 heures. Cette situation confirme son statut d’épicentre absolu de la flambée actuelle.

Au total, l’Ituri compte désormais 563 cas confirmés, représentant 94,1 % de l’ensemble d’infections enregistrées dans le pays. La province cumule également 92 décès et 20 guérisons.

Les autorités sanitaires rapportent par ailleurs une augmentation des cas d’hospitalisation : 297 patients sont actuellement isolés ou sous traitement, soit une hausse de 17 cas en 24 heures.

Suivi insuffisant des contacts malgré l’augmentation des cas

La dynamique de transmission reste fortement alimentée par les difficultés de suivi communautaire. À ce jour, 5 681 contacts sont placés sous surveillance, dont 412 identifiés au cours des dernières 24 heures.

Cependant, le taux global de suivi reste insuffisant, estimé à 56,4 %, loin de l’objectif recommandé de 95 % pour une maîtrise efficace de la chaîne de transmission.

Les équipes de riposte alertent sur une pression croissante exercée sur les dispositifs de surveillance, dans un contexte d’expansion rapide de l’épidémie.

Les services de santé signalent également 12 alertes de patients sortis ou « évadés », dont un cas confirmé. Cette situation est jugée particulièrement préoccupante, les autorités redoutant la formation de nouvelles chaînes de transmission dans la communauté.

Bunia, Rwampara et Mongbwalu toujours en première ligne

La transmission reste fortement concentrée dans les principales zones affectées. Bunia, Rwampara et Mongbwalu continuent de tirer la courbe épidémique, selon les équipes de riposte.

La tendance observée sur les semaines épidémiologiques 20 à 24 de l’année 2026 montre une croissance exponentielle des cas, traduisant une circulation active du virus dans plusieurs foyers urbains et miniers.

Malgré la progression de l’épidémie, la riposte médicale enregistre quelques avancées. Quatre nouvelles guérisons ont été notifiées au cours des dernières 24 heures, dont trois à Rwampara et une à Mongbwalu.

Au total, 23 guérisons ont été enregistrées depuis le début de la flambée, dont 20 en Ituri, 2 au Nord-Kivu et 1 au Sud-Kivu.

Par ailleurs, 236 contacts ont achevé avec succès leur période de suivi de 21 jours sans développer la maladie, dont 211 à Rwampara et 25 à Bunia.

En dehors de l’Ituri, la situation reste sous contrôle relatif mais sous haute surveillance

Le Nord-Kivu enregistre 32 cas confirmés, dont 22 décès et 2 guérisons, avec des foyers actifs à Beni, Butembo et Katwa, et un taux de létalité particulièrement élevé de 68,8 %.

Au Sud-Kivu, 3 cas confirmés et 1 décès ont été notifiés dans la zone de santé de Miti-Murhesa, avec 7 patients actuellement isolés.

Face à l’accélération de la transmission, les autorités sanitaires insistent sur la nécessité urgente de renforcer la surveillance épidémiologique, d’améliorer le suivi des contacts et de consolider l’engagement communautaire.

Le numéro vert 151 reste opérationnel et gratuit pour signaler tout cas suspect, notamment en cas de fièvre brutale, céphalées, fatigue intense ou saignements.

Alors que la courbe épidémique poursuit sa hausse, les experts rappellent que seule une réponse coordonnée, rapide et soutenue permettra de casser durablement les chaînes de transmission.

Freddy Upar, à Bunia