Le consortium Rotary – World Vision – PATH, en collaboration avec le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, a organisé une conférence dans le cadre du projet Healthy Communities Challenge (RHCC), traduit en français par Défis du Rotary pour des collectivités en bonne santé. Cette rencontre était axée sur le renforcement de l’engagement national en faveur de l’élimination du paludisme et du développement durable de la santé communautaire en République démocratique du Congo.
L’objectif était de présenter les réalisations, les innovations et les perspectives du projet RHCC, tout en favorisant un dialogue multisectoriel autour du financement durable de la lutte contre le paludisme.
« Nous planifions des campagnes de sensibilisation et de mobilisation dans les zones de santé du Kasaï en nous appuyant sur le Corps des jeunes contre le paludisme. Ces jeunes seront pleinement engagés dans les actions de plaidoyer et de transformation sociale. À travers le RHCC, nous avons plaidé auprès des autorités afin que l’État prenne en charge la rémunération des relais communautaires que nous avons recrutés et formés au Kasaï. Le paludisme constitue un défi majeur de santé publique dans notre pays. Nous comptons nous inspirer du succès du programme de mise à l’échelle du Rotary, intitulé Partenaires pour une Zambie sans paludisme, qui a permis de réaliser des progrès notables dans la réduction de l’incidence du paludisme dans les zones ciblées en Zambie. Notre ambition est de mobiliser des ressources importantes pour intensifier la lutte contre le paludisme », a déclaré Gaston Mutamba, responsable national du projet RHCC.
Pour sa part, le manager du projet RHCC est revenu sur les principaux défis à relever afin d’améliorer la lutte contre cette maladie.
« Le RHCC est un projet mis en œuvre dans la province du Kasaï. Il s’appuie sur la stratégie des sites de soins communautaires afin de permettre aux enfants de moins de cinq ans vivant dans des villages éloignés des centres de santé d’accéder à des soins pour les cas simples de paludisme, de maladies diarrhéiques et d’infections respiratoires aiguës. Au cours de la première phase, nous avons été confrontés à un démarrage tardif du projet ainsi qu’au long délai observé entre la formation des relais communautaires et le début effectif de la prise en charge des enfants. Pour la prochaine phase, nous allons réduire cet intervalle et renforcer davantage la collaboration avec l’ensemble des partenaires du projet », a expliqué le Dr Bob Hibrahim, chef du projet RHCC.
À l’issue de cette conférence, les organisateurs ont lancé un appel à l’action en direction des autorités nationales et provinciales. Ils recommandent notamment l’allocation de ressources financières aux programmes RHCC, l’extension du projet à d’autres provinces, la mise à disposition de téléphones mobiles dans toutes les aires de santé, la création d’un fonds transparent et multipartite destiné à garantir le fonctionnement des agents de santé communautaire, ainsi que le renforcement de l’implication des autorités locales, des jeunes, des femmes et des organisations de la société civile dans les actions de prévention, de sensibilisation et de promotion du recours aux soins.
Selon les dernières statistiques du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), 29 123 262 cas de paludisme ont été notifiés en République démocratique du Congo en 2024, dont 21 695 décès liés à cette maladie.
Mis en œuvre pour une durée de trois ans (2024-2027), le projet Healthy Communities Challenge (RHCC) vise à améliorer la prise en charge des enfants de moins de cinq ans souffrant de maladies courantes telles que le paludisme, la diarrhée, la pneumonie et la malnutrition aiguë. Il cible prioritairement les zones enclavées ne disposant pas de structures sanitaires accessibles dans un rayon raisonnable.
Grâce GUKA