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RDC : Greenpeace Afrique appelle à un moratoire immédiat sur les nouveaux projets extractifs dans le Couloir vert Kivu-Kinshasa

Photo d'illustration

Greenpeace Afrique exhorte le gouvernement de la République démocratique du Congo à instaurer sans délai un moratoire sur tout nouveau projet pétrolier, gazier ou minier dans le Couloir vert Kivu-Kinshasa. L'organisation demande également l'annulation des blocs pétroliers qui se superposent à cette vaste initiative de conservation, estimant que leur maintien compromettrait les engagements climatiques et environnementaux du pays.

Lancé par les autorités congolaises, le Couloir vert Kivu-Kinshasa couvre près de 544 000 km² de forêts tropicales, de tourbières, d'aires protégées et de territoires occupés par les peuples autochtones et les communautés locales. Présentée comme l'une des initiatives environnementales les plus ambitieuses du pays, cette zone doit contribuer à la protection de la biodiversité du bassin du Congo tout en renforçant le rôle de la RDC dans la lutte contre les changements climatiques.

Selon Greenpeace Afrique, une analyse spatiale réalisée en 2025 révèle une forte incompatibilité entre les objectifs de conservation et les ambitions extractives du pays.

« Près de 72 % du Couloir vert Kivu-Kinshasa chevauche les blocs pétroliers annoncés par le gouvernement, tandis que 22 % de sa superficie est déjà couverte par des concessions minières actives », a indiqué Toussaint Molenge, Coordinateur régionale des campagne forêt à Greenpeace Afrique au cours d'un point de presse organisé ce lundi 27 juillet 2026 à Kinshasa.

L'organisation souligne que cette situation expose 12,3 millions d'hectares de forêts, 6,5 millions d'hectares de tourbières, essentielles au stockage du carbone, ainsi que de nombreuses zones de haute valeur écologique aux risques liés aux activités extractives.

Greenpeace rappelle également que 63 % des forêts communautaires se situent dans des espaces soumis à des pressions pétrolières ou minières, une réalité qui pourrait fragiliser les moyens de subsistance des populations locales.

Pour préserver l'intégrité écologique du Couloir vert, l'ONG recommande au gouvernement de déclarer son périmètre incompatible avec toute nouvelle activité pétrolière, gazière ou minière.

« Greenpeace Afrique recommande ce qui suit : Première recommandation, instaurez immédiatement un moratoire si tout nouveau projet pétrolier, gazier ou minier dans les couloirs verts Kivu-Kinshasa est déclaré son périmètre incompatible avec le développement de nouvelles activités extractives. Deuxième recommandation, maintenir le moratoire sur l'octroi des nouvelles concessions forestières afin de préserver les forêts du couloir et d'assurer la conformité des politiques nationales et des engagements internationaux de la RDC. », a soutenu Toussaint Molenge.

L'organisation appelle les autorités à maintenir le moratoire sur l'octroi de nouvelles concessions forestières et à annuler les blocs pétroliers qui se superposent au Couloir vert. Elle demande en outre que les tourbières, les forêts à haute intégrité écologique, les aires protégées et les zones clés pour la biodiversité soient définitivement exclues de toute activité extractive.

Pour Greenpeace Afrique, ces mesures sont indispensables pour permettre à la RDC de respecter ses engagements pris dans le cadre de l'Accord de Paris, de la Convention sur la diversité biologique et de l'objectif international visant à protéger 30 % des terres et des océans d'ici 2030.