Kinshasa : reprise timide des activités à Tshangu

Kinshasa. Maison commerciale à Terre Jaune, à N’sele
Kinshasa. Maison commerciale à Terre Jaune, à N’sele

Après une matinée marquée par une paralysie des activités ce mercredi 3 juin dans plusieurs communes du district de la Tshangu, dans l’est de Kinshasa, la situation a progressivement évolué. L’appel à une journée « ville morte », lancé par la coalition C64 pour protester contre un éventuel changement de la Constitution, a été suivi de manière variable selon les quartiers.

À partir de 13h30, dans les communes de Masina, Kimbanseke, N4djili et N’sele, plusieurs commerces qui avaient gardé leurs portes fermées en début de journée ont commencé à rouvrir partiellement dans l’après-midi. Une reprise prudente, observée par le reporter d’ACTUALITE.CD lors d’une tournée effectuée dans ces différentes municipalités.

Sur le boulevard Lumumba, principal axe routier de l’est de la capitale, la circulation a également repris. Des véhicules étaient visibles sur la chaussée, même si le trafic restait nettement moins dense qu’à l’accoutumée. Les forces de sécurité, notamment des éléments de la Garde républicaine et de la Police nationale congolaise, demeuraient déployées devant plusieurs maisons communales.

Malgré le retour progressif au calme, quelques manifestations favorables au pouvoir ont été observées à Masina. Des sympathisants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, ont défilé en brandissant des effigies du chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Les manifestants ont entonné des chants à la gloire du président congolais tout en l’encourageant à poursuivre son projet de réforme constitutionnelle. Le rassemblement était encadré par des militaires, notamment des éléments de la garde républicaine.

Dans les transports en commun, les avis recueillis auprès des habitants traduisaient une certaine ambivalence. Si certains reconnaissent la légitimité des actions de l’opposition, beaucoup s’inquiètent des conséquences économiques d’une telle mobilisation dans une ville où une grande partie de la population dépend des revenus quotidiens.

À Kinkole, un passager rencontré dans un taxi saluait l’initiative tout en soulignant ses limites : « l’activité est louable, mais nos enfants dormiraient affamés, puisque nous ne sommes pas allés travailler. »

Cette réaction illustre le dilemme auquel sont confrontés de nombreux Kinois : soutenir une revendication politique ou préserver des revenus indispensables à la survie quotidienne. Alors que la journée s’achevait dans le calme, l’ampleur réelle de la mobilisation et son impact politique restent encore à évaluer.

César Olombo