Assemblée nationale: recrudescence des ADF, Mbororo, coopération régionale … le VPM de la Défense auditionné à la commission Défense et Sécurité

Guy Kabombo Muadiamvita, VPM de la Défense
Guy Kabombo Muadiamvita, VPM de la Défense

La Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale a auditionné, lundi 1er juin, le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, sur plusieurs dossiers sécuritaires majeurs concernant la RDC.

Sous la conduite de son président, le député national Rubens Mikindo, cette séance de travail a permis aux élus nationaux d’échanger avec le ministre sur diverses questions liées à la défense de l’intégrité territoriale et à la sécurité des populations.

" Les discussions ont notamment porté sur l’accord de coopération militaire signé entre la RDC et la RCA, la sécurisation des frontières, la problématique des éleveurs Mbororo, les activités de la rébellion de la Lord’s Resistance Army (LRA), ainsi que la menace persistante que représentent les  ADF dans l’Est du pays ", rapporte la cellule de communication de l'Assemblée nationale. 

Cette audition, précise la source citée, s’inscrit dans le cadre de la mission constitutionnelle de contrôle parlementaire dévolue à la Commission Défense et Sécurité. Elle vise à évaluer les dispositifs mis en œuvre par le Gouvernement pour préserver l’intégrité territoriale, renforcer la protection des citoyens et garantir la stabilité du pays.

Au cours des échanges, le VPM a apporté des éléments de réponse aux préoccupations soulevées par les députés. Guy Kabombo Muadiamvita a notamment rassuré les élus nationaux sur la stratégie du Gouvernement en matière de défense et de sécurité, ainsi que sur les avantages des accords de coopération militaire bilatérale conclus avec les pays voisins.

Toutefois, certaines préoccupations nécessitant des informations techniques complémentaires et des précisions approfondies feront l’objet de réponses écrites qui seront transmises ultérieurement à la Commission Défense et Sécurité.

Rappelons-le, le député national Carly Nzanzu Kasivita, membre de cette Commission, avait demandé au gouvernement de faire preuve de davantage de transparence dans le cadre des débats parlementaires relatifs à la prorogation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Cette interpellation intervient dans un contexte où cette mesure d’exception vient de totaliser cinq ans depuis son entrée en vigueur.

Intervenant récemment lors du débat sur l’examen et l’adoption du projet de loi prorogeant cette mesure exceptionnelle, qui entre en vigueur  le 17 mai 2026 pour une période de 15 jours, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu a rappelé que si la Constitution confère au président de la République le pouvoir de proclamer l’état de siège, sa prorogation relève également de la responsabilité du Parlement.

Poursuivant son intervention, le député national Carly Nzanzu  a également critiqué la présence répétée du ministre de la Justice lors des débats sur cette question, estimant que seul le ministre de la Défense est en mesure d’éclairer utilement les élus sur les réalités sécuritaires du terrain.

Selon lui, le gouvernement devrait désormais envoyer le ministre de la Défense devant la représentation nationale, même dans le cadre d’un huis clos, afin de permettre aux députés d’apprécier les efforts militaires déployés ainsi que les raisons justifiant la poursuite de l’état de siège.

" Le ministre de la Justice vient ici pour la forme. Il lit une motivation qui reste la même rhétorique pour la même réalité. Nous avons besoin du ministre de la Défense et nous avons la latitude de décréter un huis clos pour qu’il puisse nous mettre au parfum des raisons qui militeraient à continuer à proroger l’état de siège ", a-t-il soutenu lors de son intervention.

Cette audition intervient dans un contexte marqué par la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, où les populations civiles continuent de subir une recrudescence des violations des droits humains attribuées aux combattants des ADF. Selon plusieurs organisations de défense des droits humains et des acteurs de la société civile locale, ces exactions pourraient être qualifiées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

À cela s’ajoutent les différents accords et partenariats de coopération militaire conclus ou en cours de négociation entre la RDC et certains pays voisins. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre des démarches diplomatiques et sécuritaires entreprises par le Gouvernement, notamment à travers les multiples missions effectuées ces derniers mois par le ministre de la Défense dans plusieurs États de la région, dont la RCA.

Clément MUAMBA