Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a officiellement convoqué à Kinshasa tous les membres du bureau de l’Assemblée provinciale de Lomami pour des consultations jugées urgentes.
La décision est contenue dans un télégramme signé et rendu public mercredi 20 mai, dans un contexte marqué par de fortes tensions institutionnelles au sein de l’organe délibérant provincial basé à Kabinda.
Cette convocation intervient après un revirement des députés provinciaux autour du moratoire suspendant les motions, pétitions et autres initiatives parlementaires visant les institutions provinciales.
En effet, le vendredi 15 mai 2026, l’Assemblée provinciale avait décidé de lever ce moratoire, ouvrant à nouveau la voie aux mécanismes classiques de contrôle parlementaire. Cette décision était intervenue après l’initiation d’une question orale avec débat adressée au directeur général de la SAPLOM, société agro-pastorale de Lomami.
Mais au cours des échanges, les explications du responsable de cette entreprise publique avaient débouché sur une motion incidentielle visant le vice-gouverneur de province ainsi que le ministre provincial de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (ANGE), relançant les tensions politiques au sein de l’hémicycle.
Seulement cinq jours plus tard, soit le mercredi 20 mai 2026, les députés provinciaux sont revenus sur leur décision en rétablissant le moratoire. Réunis en plénière à Kabinda, 19 députés sur les 21 présents ont voté pour la réintroduction de cette mesure, contre 2 oppositions.
La majorité parlementaire a justifié ce rétablissement par la nécessité de préserver la stabilité institutionnelle dans la province, estimant que cette démarche s’inscrit dans les recommandations du Chef de l’État en faveur de la cohésion et du bon fonctionnement des institutions publiques.
Les deux députés opposés à la mesure ont, quant à eux, dénoncé une restriction des prérogatives constitutionnelles des élus provinciaux. Selon eux, la suspension des motions et pétitions affaiblit le pouvoir de contrôle de l’Assemblée sur l’action gouvernementale et limite les mécanismes de sanction à l’égard d’éventuels gestionnaires défaillants.
Michel Cyala