Lundi 27 avril, dans un communiqué, l’Inspection générale des mines (IGM) a annoncé la création d’une « Garde minière », une unité paramilitaire chargée de sécuriser le secteur extractif en République démocratique du Congo. L’objectif, d’après l’IGM : sécuriser l’ensemble de la chaîne d’exploitation des minerais sur le territoire national.
L’Inspection, dans son communiqué, parlait d’une mesure visant à « assainir » le secteur, notamment en luttant contre les pratiques contraires à la gouvernance, à la transparence et à la traçabilité. L’unité devrait déployer plus de 20.000 agents d’ici fin 2028 dans les 22 provinces minières. Un premier contingent de 2.500 à 3.000 recrues devrait être constitué à l’issue d’un processus de sélection, puis d’une formation de six mois. Le tout dans le cadre du partenariat stratégique avec USA et les Emirats arabes unis pour un coût initial estimé à 100 USD, selon le communiqué de l’IGM.
Mais ce mardi, soit un jour seulement après cette annonce, l’ambassade des Etats-Unis à Kinshasa a partagé un message précisant que Washington « ne finance actuellement aucune unité de patrouille ou de garde des mines en RDC ».
« Les gouvernements des États-Unis et de la République démocratique du Congo sont engagés à promouvoir une croissance économique partagée, la stabilité et la prospérité par le biais de l'Accord de partenariat stratégique États-Unis-RDC. Cet effort soutient une base pour un plus grand investissement américain en RDC, reconnaissant que la croissance économique durable constitue le fondement de la stabilité à long terme », souligne l’ambassade américaine.
Cette mise au point de la partie américaine a obligé l’IGM de revoir sa communication sur les modalités de financement de ce projet.
« Les mécanismes de financement envisagés reposent sur des montages diversifiés, associant différents types d’acteurs, et ne correspondent pas à un financement direct par un État en particulier. Les discussions se poursuivent en vue de la structuration d’un dispositif conforme aux priorités nationales, et feront l’objet de communications complémentaires en temps utile », a réagi l’IGM dans un nouveau communiqué.
Le recrutement pour ce projet devrait débuter en mai 2026, suivi de la formation entre juin et décembre, et du déploiement du premier contingent opérationnel en décembre 2026. Une couverture complète des besoins sécuritaires est annoncée pour fin 2027 dans le Grand Katanga et le Grand Orientale, avant une extension à l’ensemble des provinces minières fin 2028.
Créée par un décret du 9 juin 2023, l’Inspection générale des mines est chargée du contrôle, de l’audit et de la lutte contre la fraude dans le secteur minier. Son inspecteur général, Rafael Kabengele, est en fonction depuis le 12 janvier 2026.