Après sa prise de fonctions en tant que Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et Chef de la MONUSCO, l’Américain James Swan a été reçu, ce mardi 14 avril, par la ministre d’État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC a salué l’engagement diplomatique de la République Démocratique du Congo ainsi que les efforts constants déployés par le gouvernement pour renforcer son positionnement sur les scènes régionale et internationale.
« Je lui ai dit que c'est pour moi un honneur de revenir en République Démocratique du Congo en tant que représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Monusco. Mon expérience dans ce pays m'a donné un profond respect pour la République Démocratique du Congo, pour son peuple et pour l'importance d'une coopération étroite avec les autorités nationales, je saluais l'engagement diplomatique de la RDC et les efforts déployés pour renforcer sa place sur la scène régionale et internationale et j'ai salué l'importance du rôle jouait par la ministre d'État elle-même dans ses efforts », a déclaré le chef de la MONUSCO à l'issue de l'entretien.
Les échanges ont permis de réaffirmer la volonté commune de renforcer la coopération entre le ministère des Affaires étrangères et la MONUSCO autour de questions d’intérêt commun. Dans cette perspective, M. James Swan a réitéré la disponibilité de la Mission onusienne à œuvrer dans un esprit de confiance, de respect mutuel et de coordination étroite avec les autorités congolaises.
Enfin, les deux parties ont insisté sur la nécessité d’assurer une plus grande cohérence entre les efforts diplomatiques, les initiatives régionales et les réalités humanitaires et sécuritaires sur le terrain, afin de garantir des réponses efficaces et durables aux défis auxquels la RDC est confrontée.
« J'ai réitéré la disponibilité de la MONUSCO à travailler étroitement avec le ministère des Affaires Étrangères sur tous les sujets d'intérêt commun dans un esprit de coopération étroite, de confiance et de respect mutuel. J'ai souligné l'importance de préserver la cohérence entre les efforts diplomatiques, les mécanismes régionaux et les réalités humanitaires et sécuritaires sur le terrain », a-t-il insisté.
Cette première rencontre entre le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et Chef de la MONUSCO, l’Américain James Swan, et la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, s’inscrit dans le cadre du renforcement du dialogue stratégique entre la République démocratique du Congo et le système des Nations Unies, au service de la paix, de la stabilité et du développement durable. Elle intervient près d’une semaine après sa prise de fonctions à Kinshasa, capitale de la RDC.
Le nouveau patron de la MONUSCO prend la direction de la mission à la suite du renouvellement d’un mandat d’un an par le Conseil de sécurité des Nations unies, valable jusqu’au 20 décembre 2026. Il aura la lourde responsabilité de mettre en œuvre la résolution de ce nouveau mandat sur le terrain. Appelée résolution 2808, cette décision fixe que la MONUSCO maintiendra un effectif maximum autorisé de 11 500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443 policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées. Les priorités stratégiques de la mission consistent à : contribuer à la protection des populations civiles dans sa zone de déploiement ; réaliser les objectifs fixés par la résolution 2773 (2025) ; stabiliser et renforcer les institutions de l’État en RDC.
Contrairement aux précédents mandats, la résolution 2808 marque une pause dans le désengagement progressif de la MONUSCO, en raison de la dégradation persistante de la situation sécuritaire en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où la mission doit surveiller le cessez-le-feu. Portée par la France, la résolution intègre également de nouveaux cadres diplomatiques, notamment l’Accord de paix de Washington (signé en juin 2025 entre la RDC et le Rwanda) et l’Accord de paix de Doha (novembre 2025). Dans ce contexte, la MONUSCO est appelée à jouer un rôle accru dans le soutien à un cessez-le-feu permanent, notamment à travers un mécanisme de suivi et de vérification.
La résolution condamne fermement l’offensive menée par le M23 au Sud-Kivu, avec le soutien de la Force de défense rwandaise, en particulier la prise d’Uvira. Le Conseil exige que le M23 mette immédiatement fin à son offensive et fasse marche arrière, et que la Force de défense rwandaise cesse tout soutien et se retire du territoire congolais.
Parallèlement, le Conseil exige que les forces militaires congolaises cessent leur soutien à certains groupes armés tels que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et poursuivent la neutralisation de ces groupes conformément aux engagements pris. Tous les groupes armés et réseaux qui les soutiennent doivent mettre fin à toute forme de violence et déposer les armes.
Clément MUAMBA