Le député national Christian Mwando au nom du groupe parlementaire de l’Opposition « Ensemble et alliés », a adressé, ce mercredi 8 avril, une question orale avec débat à la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, au sujet de la mise en œuvre d’un dispositif d’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers en République démocratique du Congo, à la demande des États-Unis.
Un communiqué aux contours flous
À l’origine de cette initiative figure un communiqué officiel publié le 5 avril 2026 par le ministère de la Communication et Médias, annonçant l’entrée en vigueur d’un mécanisme d’accueil temporaire de migrants relevant des dispositifs migratoires américains.
« Ce communiqué, aux contours flous, a créé l’émoi au sein de la population congolaise déjà traumatisée par des conflits récurrents dus à des mouvements migratoires sur son sol et qui souffre jusqu’à ce jour d’une guerre internationale suite à l’accueil des réfugiés rwandais en 1994 à la suite de l’opération turquoise », déclare le député Christian Mwando.
Des inquiétudes sécuritaires et structurelles
Le député met en avant les fragilités du pays face à un tel engagement, évoquant notamment l’insécurité persistante et l’absence de mécanismes efficaces de contrôle.
« La nation s’interroge sur comment, dans une République démocratique du Congo en guerre, notamment à cause des questions liées aux ressortissants étrangers qui refusent de regagner leurs pays, un pays où l’insécurité est totale dans toutes les contrées et particulièrement dans la ville de Kinshasa, un pays sans mécanisme fiable d’identification des citoyens et sans capacité de contrôle des flux migratoires, on peut s’engager à recevoir un nombre indéfini d’étrangers refoulés et indésirables aux États-Unis », s’interroge ce député d’Ensemble pour la République.
Une priorité nationale remise en question
Christian Mwando insiste également sur la situation humanitaire interne, qu’il juge incompatible avec une telle politique d’accueil.
« La nation voudrait comprendre comment notre pays, qui bat des records en nombre de déplacés internes — près de 8 millions de Congolais à la recherche d’abris et de protection — et dont plusieurs compatriotes vivent en exil dans des camps de réfugiés dans les pays voisins, se préoccupe de recevoir des étrangers indésirables aux États-Unis plutôt que de se concentrer sur les cas de ses ressortissants en péril », affirme cet élu de l’opposition.
Les questions adressées au Gouvernement
Face à ces préoccupations, le député formule plusieurs interrogations à l’endroit de la ministre des Affaires étrangères :
• Quelle est la nature et le contenu de l’accord qui a permis au Gouvernement de mettre en œuvre le dispositif d’accueil des refoulés des États-Unis?
• Quel est le nombre et le statut juridique des personnes que vous voulez accueillir ?
• Avez-vous évalué le danger pour la sécurité intérieure et la cohésion nationale liée à ce flux migratoire ?
• Quelles sont les contreparties réelles de cet accord ?
• Pourquoi l’Assemblée nationale a-t-elle été tenue à l’écart du processus de validation de cet accord qui pourrait mettre à mal la souveraineté nationale, notamment en mettant à disposition une partie du territoire national au service de la politique migratoire des ?