6 avril 1921 – 6 avril 2026 : le combat de Simon Kimbangu se poursuit

Tina Salama
Tina Salama

Le Président de la République, Chef de l’État, s’est rendu à Nkamba pour commémorer la « Journée du combat de Simon Kimbangu et de la conscience africaine ».

Cette cérémonie, d’une haute portée historique et symbolique, ne saurait être assimilée à un simple acte politique. C’est un devoir de mémoire nationale pour la reconnaissance d’une figure majeure de l’histoire congolaise.

Le 6 avril, institué par l’État, est une journée de mémoire collective. Elle n’est ni une fête religieuse, ni une célébration réservée à une seule communauté confessionnelle. Elle honore un combat qui transcende les appartenances religieuses et qui participe de l’histoire nationale. En inscrivant cette date au calendrier des fêtes nationales, le Chef de l’État a tenu à inviter l’ensemble du peuple congolais à renouer avec cette mémoire de courage, d'abnégation et de détermination. Le 6 avril, journée fériée légale est donc une célébration républicaine de l'éveil de la conscience africaine et afro-descendante".

6 AVRIL : RECONNAISSANCE D’UNE FIGURE HISTORIQUE DE RÉSISTANCE

Au début des années 1920, le Congo vivait sous domination coloniale. L’administration du Congo belge, mise en place après 1908, structurait progressivement son autorité sur l’ensemble du territoire, notamment à travers l’exploitation économique et l’organisation administrative.

Dans ce contexte, marqué par de profondes inégalités et une absence d’accès généralisé à l’éducation supérieure pour les populations locales, émergea la figure de Simon Kimbangu. En quelques mois seulement, son message suscita une mobilisation importante et attira l’attention des autorités coloniales.

Par son action, Simon Kimbangu s’imposa comme un éveilleur des consciences et de ce fait un précurseur de l’indépendance. Son discours, fondé sur des principes de dignité, d’égalité et de justice, contribua à poser les bases d’une prise de conscience collective face aux réalités de la domination coloniale.

Son combat s’inscrit dans une continuité historique dont les racines sont à chercher aussi bien dans l’histoire du salut de l’humanité que dans la lutte pour la dignité de l’homme noir commencée dès le début du 16ème siècle et portée aux cimes au 18ème par des personnalités historiques comme Kimpa Vita, un siècle avant la proclamation de l’Indépendance de Haïti, le premier Etat noir des temps modernes qui a inspiré, au début du vingtième siècle, le mouvement de la Négritute. Elle est une source d’inspiration dans les efforts visant à renforcer la souveraineté nationale et la valorisation des ressources du pays au bénéfice de la population congolaise.

6 AVRIL : VALORISATION DU PATRIMOINE SPIRITUEL CONGOLAIS

L’action de Simon Kimbangu s’enracine également dans une dimension spirituelle. Formé dans un environnement chrétien protestant, il développa un message centré sur les valeurs universelles l’amour du prochain et de l’espérance chrétienne.

Son enseignement s’inscrit dans une dynamique d’appropriation du message spirituel dans le contexte africain, affirmant son caractère universel et accessible à tous. Cette démarche a contribué à renforcer la dignité et la confiance des populations dans leur propre identité que l’on retrouve plus tard dans la philosophie de l’authenticité et la théologie de l’inculturation.

Tout ce patrimoine spirituel congolais, riche et ancien, constitue un socle essentiel de la cohésion sociale et de la résilience nationale. Il participe à la construction d’une identité collective forte, ouverte et enracinée dans ses valeurs.

6 AVRIL : CONSOLIDATION DE L’IDENTITÉ CULTURELLE ET DE LA COHÉSION NATIONALE

La spiritualité et les valeurs culturelles jouent un rôle déterminant dans la structuration des sociétés. L’histoire des civilisations démontre que les grandes transformations sociales s’appuient souvent sur des fondements spirituels, moraux et éthiques.

La République Démocratique du Congo, appelée à jouer un rôle majeur dans le développement du continent africain, ne peut pleinement assumer cette responsabilité sans valoriser les figures et les enseignements qui ont contribué à forger son identité.

Le message de Simon Kimbangu, tourné vers la dignité humaine et l’unité, dépasse les appartenances ethniques et régionales. Il appelle à la cohésion nationale et à la solidarité entre tous les Congolais.

Le 6 avril doit ainsi constituer un moment privilégié de transmission et d’éducation. Le peuple congolais doit en ce jour se rappeler de toutes les victimes de la répression coloniale. Ce n’est pas une histoire lointaine. Ce sont nos grands-parents qui ont souffert dans leurs chairs. Dans notre génération, il y a encore des gens qui ont grandi avec les récits des brimades subies par leurs grands-parents mais aussi par leurs parents, récits contenus dans cette journée de recueillement qui offre l’opportunité de rappeler à chaque citoyen que l’unité, l’engagement et le sens du devoir sont au cœur du projet national.

Cette journée invite enfin à reconnaître qu’un engagement individuel, même issu des conditions les plus modestes, peut contribuer de manière décisive à l’orientation de toute une Nation. Elle constitue un temps fort pour renforcer la cohésion nationale autour des valeurs fondamentales de la République. Par son combat de trente ans sous le joug colonial depuis le 6 avril 1921, Simon Kimbangu incarne à la fois une force de résistance hors du commun et une espérance têtue à un avenir de liberté, de solidarité et de prospérité pour l’homme noir.

Tina Salama, porte-parole du Président de la République