Haut-Katanga : l'armée sonne l’alerte et dénonce « manipulation et infiltration », une forme de déstabilisation

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Militaire des FARDC. Ph. Droits tiers.

À Lubumbashi, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont lancé une mise en garde ferme contre toute tentative de déstabilisation de la province du Haut-Katanga. Cette alerte a été donnée ce vendredi lors d’une parade mixte présidée par le chef d’état-major général, le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe.

Dans son intervention, le haut responsable militaire a dénoncé des manœuvres qu’il attribue au Rwanda, accusé de chercher à recruter de jeunes Congolais sous de fausses promesses, notamment dans le secteur minier. Selon lui, ces actions viseraient à alimenter de nouvelles poches d’insécurité dans la région, partant du territoire de Mitwaba. Une machination, révèle le général Jules Banza Mwilambwe, qui émane de Kigali. 

« À Lusinga, il y a eu deux groupes qui sont venus dans le territoire de Mitwaba. L'un a servi de couverture à celui qu’on est en train de créer par les gens qui sont aujourd’hui cofondateurs du M23 et veulent ramener l’insécurité […] une machination montée à partir de Kigali », a déclaré le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe.

Au cours de cette parade qui a vécu au camp major Vangu de Lubumbashi, le chef d’état-major a également présenté un officier présumé impliqué dans des activités de recrutement, ainsi que son complice, illustrant, selon lui, la réalité de ces tentatives d’infiltration.

Appel à la vigilance et à la cohésion

Face à ces menaces, le commandement des FARDC a insisté sur la nécessité pour les militaires et les éléments de la police de rester vigilants et unis. Le lieutenant-général a exhorté les forces de défense et de sécurité à résister à toute forme de manipulation et à éviter les divisions internes.

« Les militaires doivent être prêts, ne pas céder à la manipulation et surtout ne pas laisser la division entrer dans l’armée et la police. Toute complicité sera châtiée sévèrement », a-t-il averti.

Il a également appelé à bannir les discours de haine au sein des rangs, rappelant que la discipline et la cohésion restent essentielles pour faire face aux défis sécuritaires.

Un contexte sécuritaire préoccupant

Cette mise en garde intervient dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans le territoire de Mitwaba. Des incursions ont été signalées dans la zone de Lusinga, située dans le Parc national de l’Upemba, ainsi que dans le village de Konga, à une trentaine de kilomètres de Mitwaba-centre. Selon les autorités militaires, cette dernière localité a récemment été la cible d’une attaque attribuée à un nouveau mouvement insurrectionnel lié aux Maï-Maï Bakata Katanga. Dans ce climat, les FARDC réaffirment leur détermination à contenir toute tentative de résurgence de groupes armés et à assurer la protection des populations civiles.

José Mukendi